LE MESSAGER DU PARC

 

Cédric Charles ANTOINE

 

 

 

 

messager

L’OBSESSION DU BONHEUR CONDUIT PARFOIS AU DÉSASTRE !


Dans un jardin public au cœur de Paris, à l’heure où les joggeurs envahissent les allées, un homme en costume semble affalé, comme prostré, sur un banc. Un vieillard presque aveugle s’arrête devant lui, s’assoit, puis engage la conversation. Une voix apaisante et un sens de l’écoute vont inciter Chris à se confier au vieux borgne. À l’issue d’une longue discussion, l’étranger au crépuscule de sa vie lui suggère une solution inattendue afin de résoudre ses problèmes.

Chris comprend qu’un chemin inexploré se dessine enfin devant lui. Une énergie débordante, absente depuis des mois, l’envahit soudainement et l’encourage à convaincre ses proches d’accepter cette proposition extrême. Sous l’influence du messager, il entame une action spectaculaire pour protéger les siens d’un naufrage annoncé.

Sur fond de scandale politique et d’affaire criminelle hors du commun, un mécanisme irréversible entraînera ce père de famille dans une odyssée dramatique aux confins des Highlands.

Pour jouir de sa fortune sereinement, quelle qu’elle soit, il faut parfois connaître l’infortune pour en apprécier les contours...

PROLOGUE


Une vie hybride entre ville et montagne l’avait condamné à ne plus pouvoir choisir. Il subissait les contraintes d’une organisation familiale et professionnelle qui l’écrasaient dans un quotidien torturé, jalonné d’obligations. Sa femme, ses enfants, son entreprise, tout était parfaitement orchestré, échappant aux imprévus les plus exotiques. Malgré une certaine réussite sociale, il aspirait à plus de simplicité, plus d’authenticité et moins de rationalité. Pour rompre le cycle infernal de son enfer intérieur, il espérait briser ses chaînes en quête d’une solution salvatrice pour lui et les siens. Son comportement, incompris par son entourage, l’enfermait dans une attitude rebelle parfois brutale pour exprimer des envies que beaucoup de personnes qualifiaient de caprices. Peu de gens pouvaient se prévaloir d’un tel confort, mais lui ne revendiquait pas l’opulence matérielle comme unité de mesure du bonheur. Quand il prit sans concertation la résolution soudaine de s’échapper, il bascula sur le sentier de l’inconnu, livré à lui-même à la rencontre d’un drame non programmé. Croyant quitter provisoirement une vie trop bien réglée pour en comprendre le sens, cet homme pétri de bonnes intentions plongea sans retenue dans les bras du mal.

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Je change un peu d'auteur indé. Y a pas que Fédou et Vandroux dans la vie, quoi! hé hé hé... Donc, un pti nouveau dans ma PAL. Cédric Charles Antoine.

L'histoire : Chris est un montagnard pur jus, qui commercialise des objets Made in Montagne. Son business étant florissant, il a pris un associé (un copain d'enfance) et a délocalisé ses bureaux à la ville. A Paris. Paris où il déprime loin de ses montagnes (oui, oui, vous aussi, vous le voyez le cliché à la Heidi, mais je vous rassure, on ne va pas voir Chris gambader dans les alpages au milieu des chèvres au bout de quelques pages).

Notre grand gaillard est marié à Sophie. Citadine indécrottable, hyper connectée, adorant le shopping et la vie trépidante des grandes grandes villes. Autant dire que, elle, la montagne, ça la gagne pas! Vivre à la montagne??? No way!!!

Mais Chris y croit. Cela fait quelques années qu'il vit à Paris par amour pour sa femme, et regagne sa montagne natale un week-end tous les quinze jours. Et pourquoi ne pas faire l'inverse maintenant? Vivre à la montagne et ne retourner à Paris qu'un week-end sur deux? Hein, Sophie, hein?

Sophie donne illico sa réponse. Même pas en rêve!!!

Du coup, le grand gaillard perd un peu ses nerfs. Engueulade avec sa femme. Puis engueulade avec son associé. Puis envie de trucider tout le monde. Bref, burn out imminent. Mais ouf, bouffée d'air pur dans la vie merdique de Chris, tout à fait par hasard, dans un parc où il s'est installé pour souffler un peu, Chris rencontre un petit vieux tout rabougri, borgne (l'auteur insiste sur le fait qu'il est borgne, donc, je relaie l'info), qui pour faire court lui dit qu'on n'a qu'une vie. Carpe Diem quoi. Chris n'a qu'à se prendre un genre de congé sabbatique, voyager, voir du pays, voire voir du monde.

Mais quelle bonne idée que voilà! Chris organise tout en deux temps trois mouvements. Réconciliation avec sa femme et son pote, il fait son sac à dos, et adios, le voilà parti. Il se prend un break de 100 jours.

Ce serait une histoire-aventure bien plan plan si Mr Antoine ne nous narrait pas en parallèle la folle évasion de deux psychopathes enfermés en Grande Bretagne. Deux barges qui trucident à tour de bras. Des bains de sang. Un homme et une femme, un joli petit couple bien gore.

Deux histoires distinctes. Qui finissent par se rejoindre. Puis par se séparer. Pas vraiment en délicatesse.

Mon ressenti dans tout ça. L'histoire, en elle-même, c'était sympa. Même si à la fin on voit venir que certaines victimes qu'on croyait innocentes sont en fait les bourreaux. C'est la narration qui ne m'a pas trop plu. Niveau vocabulaire, ça va, c'est bien. Pas de coquilles non plus. La relecture est impeccable. Vraiment, la narration qui m'a chiffonné. Nous avons un narrateur neutre qui raconte les faits en utilisant du "il" (narration classique quoi), et puis nous avons Chris qui à intervalles réguliers devient celui qui raconte, l'histoire est donc au "je". C'est sûrement une façon de donner du dynamisme à l'histoire, mais perso j'ai trouvé ça un peu lourd, je trouvais que ça ralentissait l'action.

Je n'ai pas aimé non plus la façon dont le temps s'écoulait. L'auteur peut passer des paragraphes entiers sur une anecdote, avec pléthore de détails (genre le décès de la soeur de Chris quand il était petit, anecdote qui finalement ne sert à rien dans l'histoire), et passer deux phrases, voire juste une seule, sur des mois entiers du périple de Chris. Des "aventures" qui lui arrivent dont on aurait aimé avoir plus de précisions, histoire de bien s'imprégner de l'atmosphère, histoire de bien faire monter le drame psychologique. Il y a bien des choses que l'auteur aurait pu développer, tant du point de vue de Chris que du point de vue des deux cinglés. Bien faire monter la pression dans toute la partie en huis clos de cette histoire, façon cocotte minute. Mais là, non, une phrase et on passe à autre chose. Ca m'a beaucoup déçue.

De même j'ai été déçue par le final. Non pas par ce qu'il se passe, pas par le fond, déçue par la forme. Encore une fois c'est trop rapide, pas assez décrit. Ca manque de développement. Si je devais donner une métaphore culinaire, je dirais que Cédric Charles Antoine s'est déchiré à préparer un super appareil à soufflé, il a bien fait attention au moule, il a préchauffé le four juste comme il faut. Et il ouvre la porte du four avant la fin de la cuisson. Le soufflé retombe. C'est raté. vous voyez ce que je veux dire?

bref, c'est pas trop mal mais ça ne m'a pas super transcendé...