LES LECTURES D UNE TRENTENAIRE AVERTIE

07 septembre 2016

Menu Cthulhu

 

 

MENU CTHULHU

Neil JOMUNSI

 

 

 

 

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Les Livres dont vous êtes le Héros reviennent, pour le plus grand plaisir des joueurs et des amateurs de lecture numérique!

 

Le plat du jour: une salade de tentacules! Dans ce mini-livre-jeu au format court, vous incarnerez un jeune employé de fast-food qui n'a rien demandé à personne, mais qui devra faire face à une menace cosmique, monstrueuse et visqueuse sortie d'une abominable dimension parallèle. Du Lovecraft dans l'air? C'est possible. Toujours est-il que vous devrez faire de votre mieux pour vous sortir de ce pétrin, et essayer de ne pas entraîner l'humanité dans votre chute!

 

Car autant vous prévenir tout de suite : votre mort sera inévitable ! En revanche, vous allez pouvoir expérimenter 1001 manières de passer l'arme à gauche. Recommencez cette histoire autant de fois qu'il vous plaira, faites des choix différents, empruntez les chemins de traverse... et surtout amusez-vous!

 

"Menu Cthulhu" fait partie de la collection "Rendez-Vous au 14", dans laquelle vous pourrez également trouver "La Bibliothèque Infernale".

 

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Les livres dont vous êtes le héros... Je ne connaissais pas. Je veux dire, si, je connais le principe, mais je n'avais jamais joué avec. C'était assez en vogue dans ma jeunesse, mais c'était plutôt une lecture masculine, et aucun de mes amis n'en lisait. Aucun ne lisait tout court d'ailleurs pour être exacte... Les Game-books étaient en vogue fin 1980 début 1990, on était au lycée, et les copains étaient déjà bien assez débordés par les lectures obligatoires. Quant à en acheter moi même, ben les finances hein, quand on est ado, les sous partaient plutôt en fringues et en ciné!

 

Puis les game-books ont disparu de la circulation, l'affaire était réglée.

 

Et les années 2010 et des brouettes sont arrivées. Les E-books également. Et les game-books sont revenus.

 

Un livre dont vous êtes le héros, en numérique, ce n'est que du bonheur. On clique sur le lien qui mène au chapître souhaité et en moins d'une demi seconde on y est. J'imagine à quel point ça doit être fastidieux avec un livre papier. Tourner compulsivement les pages jusqu'à tomber sur la bonne. Quelle perte de temps dans la lecture!

 

Venons-en à Menu Cthulhu. Du bon gros délire à la Jomunsi. Je me suis franchement bien marré. Bon, il n'y a qu'une seule fois où je ne suis pas morte, et l'épilogue était assez drôle. Je suis morte toutes les autres fois, et j'ai beaucoup ri aussi. J'ai eu la joie de péricliter de bien des façons différentes. J'y ai passé des heures! Manque de bol pour l'humanité toute entière, désolé les gars, vous êtes tous morts avec moi....

Ensuite, pour ce qui est de l'histoire en elle-même et du style narratif utilisé, c'est sympa, mais on n'a que le délire à la Jomunsi. On n'a pas sa touche habituelle de suspens, d'humour noir, son écriture un peu particulière. On a le délire, mais pas l'univers. Du coup, si quelqu'un arrive sur Menu Cthulhu sans connaître l'auteur, il risque de passer complètement à côté de Neil Jomunsi. Et c'est fort dommage....

 

 

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05 septembre 2016

MAGMAT

 

 

MAGMAT

 

Frédéric SOULIER

 

magmat

magmat

 

Présentation de l'éditeur

Par une nuit caniculaire, le P-DG d'une grande entreprise disparaît, vraisemblablement enlevé par la fenêtre de son bureau situé au quatrième étage. Peu après, on retrouve des parties de son corps démembré, semées le long d'une nationale. Un itinéraire macabre que vont suivre les détectives Blau et Tormaker, qui conduit au cœur des montagnes et de l'horreur.


Pour lecteurs avertis.
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Extrait :

Sur l'un des gamins, la nature fantasque avait placé une main énorme dotée de huit doigts à deux phalanges seulement, mais qui paraissait fonctionnelle ; sur un autre, une main plus énorme encore et qui ne comptait que trois doigts grossiers terminés par des manières d'ergots qui auraient bien eu besoin d'être taillés. Sur un autre garçon était un unique pied palmé, puissant et parcouru de varicosités, que la créature utilisait pour se contorsionner sur son matelas, tandis que sur le dernier des mâles, on voyait surtout les deux pieds soudés l'un à l'autre, dont les deux orteils semblaient former un membre à part entière. Sur celui-ci, au-dessus d'une excroissance cartilagineuse évoquant vaguement un genou, pendait un pénis flaccide et fistuleux, à la base duquel gonflait et dégonflait une bourse à l'aspect coriace, contenant des gonades grosses comme des citrons. Comme Niki, leurs corps étaient pourvus de ces tubercules hideux qui ne paraissaient point des reliquats ou des ébauches de membres ou d'organes et ne présentaient aucune utilité évidente, puisque les endroits où ils étaient plantés interdisait leur utilisation dans un but de locomotion.


La fille, elle, puisque c'en était une, était la plus imposante de ces créatures chimériques et son corps, de forme trapézoïdale, occupait presque toute la surface de son lit. On devinait surtout son genre à cause de sa vulve, grotesque, piquée d'un cresson roussâtre et bordée de lèvres génitales charnues et obscènes. Une paire de seins, flasque et adipeuse, ponctuée par des mamelons fuligineux aux contours nébuleux, détonnant avec les deux larges taches blanches de vitiligo qui les contenaient, tremblotait sous l'agitation du monstre. Il existait certes un visage, sur cette engeance de cauchemar, mais qui semblait avoir été écrasé, malaxé, et étalé sur un même plan. Mais le plus perturbant dans l'image offerte par cette pauvre fille, était sans doute la théorie d'orifices – qu'il s'agît d'anus ou d'ouïes –, une trentaine au total, palpitant au rythme de sa respiration, répartis sur ses flancs, et desquels s'épanchait un mucus épais et malodorant.


Et cette terrifiante société se contorsionnait pour mieux voir les inconnus, tordait sa chair déjetée, geignait et aboyait des mots inintelligibles pour une oreille non exercée, depuis que Blau et Tormaker étaient entrés.


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Long extrait présenté par l'auteur... Perso, je n'aurais pas mis ce genre de chose, ça gâche l'histoire avant de la lire. M'enfin, il fait ce qu'il veut Monsieur Frédéric Soulier, hein ^^

Comme la dernière fois avec cet auteur, j'ai choisi de télécharger le roman en fonction de la laideur de sa couverture. Cette jolie bouille pleine de dents et de bave, ça m'a laissée rêveuse... hé hé hé.... Bon, et puis "Magmat" ça m'interpellait aussi. C'est quoi ce T à la fin de Magma? Vu le vocabulaire du Sieur Soulier, je me doutais bien que ce n'était pas une énorme faute d'orthographe.... D'ailleurs, niveau vocabulaire, j'ai encore appris des mots. J'ai commis la grande bêtise de commencer ma lecture sur l'appli Kindle de mon smartphone plutôt que directement sur ma liseuse, donc, évidemment, pas d'accès direct au dictionnaire : quand dès le début je suis tombée sur les "yeux smaragdins" de l'inspectrice Tormaker, je me suis demandé ce qu'elle avait cette brave femme. Elle louchait? Gros yeux? Petits yeux? kiya madame?? Bé non, smaragdin, c'est juste "vert émeraude". Pinaise, Frédéric, tu peux pas écrire "vert" comme tout le monde non???? LOL

A part les fantaisies de vocabulaire de l'auteur (sa marque de fabrique on dira, hein, après tout on a bien un autre romancier français qui ne sait rien écrire sans fourrer deux polonais dans son histoire...), eh bien c'était franchement pas mal comme histoire. Ca commence gentiment par un PDG qui disparait mystérieusement de son bureau, au quatrième étage de l'immeuble où se trouve sa société. La secrétaire était là, elle n'a rien vu, rien entendu, mais le mec, ben il a quand même disparu. Pour être retrouvé petits morceaux par petits morceaux  le long de la nationale. Blau et Tormaker mènent l'enquête. Comme je n'avais pas lu le pitch de l'histoire, donc pas lu non plus l'extrait donné par l'auteur, moi, comme une conne, je commençais à m'imaginer une histoire un peu genre "Mystère de la chambre jaune" avec les duettistes policiers dans la peau de Rouletabille et de son acolyte dont je ne me souviens plus le nom. Mouais. Tu parles! Faut pas que j'imagine. Soulier fait ça mieux que moi. Il est parti dans un délire, mais un délire, c'est inracontable. C'est crade, gore, ça pue. Hyper dégueu! J'ai adoré!!!

Oui, je sais, il y a quelques jours je faisais ma fine bouche avec une Rosie Maldonne trop vulgaire à mon goût, et là, je m'éclate dans la fange et l'immondice... Je sais je sais... Merci de ne pas commenter!

Allez, bisous bisous hein ^^

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03 septembre 2016

un palace en enfer

 

 

UN PALACE EN ENFER

AU PAYS DE ROSIE MALDONNE 1

 

Alice QUINN

 

 

 

 

 

 

Sexy et grande gueule, Rosie Maldonne est une jeune mère de trois enfants qui a pour seules ressources les versements du RSA. À quelques encablures de Cannes, elle vit dans une vieille caravane posée sur un terrain vague, à la lisière d’une petite ville.


Ce matin-là, la voilà partie à la recherche de quelques sous en mettant en pratique son système D habituel, quand le destin va frapper à sa porte : un gros paquet de fric lui tombe dessus sans prévenir !


Cette manne imprévue ne sera-t-elle pas finalement la source de tous ses ennuis? À qui étaient destinés ces milliers d’euros? Pourra-t-elle les garder sans dommages collatéraux? Est-ce un piège? Comment va-t-elle se sortir de ce traquenard? Qui est ce flic trop mignon qu’elle croise partout? Pourquoi sa meilleure amie et son bébé ont-ils disparus? Est-ce vraiment la mafia russe qui la pourchasse? Rosie, toujours cœur d’artichaut, est-elle vraiment en train de tomber amoureuse?

Va-t-elle suivre son cœur, sa raison, ou l’attrait de la fortune?


Cet argent tombé du ciel lui ouvrira-t-il les portes d’un palace, ou d’un enfer?



Suspense et humour sont au rendez-vous dans ce polar, première enquête de Rosie Maldonne, où l’on retrouve l’esprit des tontons flingueurs et de Westlake, épicé d’un brin de comédie à l’italienne.
Et si Un palace en enfer vous a plu, une autre aventure de Rosie Maldonne est immédiatement disponible sous le titre Rosie se fait la Belle.

 

 

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(et j'ajouterai que pour novembre 2016 se profile à l'horizon un troisième tome des aventures de Rosie : l'ombre du zèbre)

 

Ce roman est un grand succès de l'édition numérique. Une auteure indé qui n'est plus si indé que ça... ^^

 

Ce roman est un grand succès, ok, mais ce n'est pas pour cette raison que j'ai choisi de le mettre dans ma PAL (il y a quasi un an, c'est vous dire si je suis toujours aussi rapide à lire ce que je télécharge sur ma liseuse!). Je l'ai choisi, et on ne rigole pas, parce que quand j'étais petite, mon heroïne de roman s'appelait Alice Roy et que l'auteure s'appelait Caroline Quine. Voilà. "Alice" et "Quine". Alice Quinn. Si on ajoute à cela que le prénom de ma fille est Rose........ Eh oui, j'ai des critères de sélection d'une logique à toute épreuve, oups!

 

L'histoire, bon ben elle est quasi toute résumée dans la 4eme de couv / présentation de l'éditeur. Rosie trouve des enveloppes contenant un paquet de fric, ça tombe bien, elle qui n'en a jamais en poche. Evidemment, l'argent en question n'est pas un argent d'une propreté à toute épreuve, donc évidemment, il va lui arriver tout un tas d'aventures à la Rosie.

 

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. La faute à la narration je dirais. Rosie, ce n'est pas vraiment Nadine de Rothschild, elle a un langage plus que familier et une culture assez euh, personnelle. Du coup, étant la narratrice de cette histoire, le langage est assez cru. Truculent serait le bon mot. En soi, ce genre de langage ne me gêne pas d'habitude, j'ai quand même lu pas mal de San Antonio dans mon adolescence, ce ne sont pas les tournures de phrases à l'arrache qui vont m'offusquer. En principe. Parce que ce genre de langage dans une narration, je suis plutôt habituée à ce qu'il appartienne à un narrateur homme. Pas une femme. Et là, franchement, avec une narratrice habillée vulgaire, eh bien, j'ai franchement peu accroché. En toute honnêteté, il m'a fallu tout l'été pour lire ce roman. La vulgarité faite femme passait mieux à petites doses. Je ne sais pas trop pourquoi je réagis comme cela, parce qu'en soit, si on fait abstraction de la vulgarité de l'héroïne, l'histoire est assez marrante, une bonne petite comédie rigolote, façon vaudeville avec des rebondissements et des actions cocasses. Le tout totalement irréaliste, donc totalement dans l'humeur et l'humour que Alice Quinn a voulu donner à son roman.

Il y a gros à parier que si le narrateur avait été un homme, j'aurais crié au génie... Oui, je sais, je suis bizarre parfois....

 

 

 

 

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01 septembre 2016

Les 4 fils du Dr March

 

 

LES 4 FILS DU DR MARCH

 

Brigitte AUBERT

 

 

fils

 

Hiver 1992, Nouvelle Angleterre, Etats-Unis.
Et si un jour vous trouviez dans un placard le journal d’un assassin ?
Et si cet assassin était un membre de la famille pour qui vous travaillez ?
Et si votre lourd passé vous empêchait d’en parler à la police ?
Et si l’assassin découvrait que vous avez lu son journal et qu’il se mettait à jouer avec vous ?
Et s’il continuait à tuer et qu’impuissante, terrifiée, coupable, vous assistiez quasi en direct à ses meurtres ?
Suspense haletant et frissons garantis.
Jeanie vient de trouver un travail chez les March, famille très respectable comprenant le docteur, son épouse et leur 4 fils.
C'est d'autant plus important pour elle qu'elle sort de prison et qu'elle a menti pour se faire engager.
Sa découverte dans une penderie du journal intime d'un meurtrier la glace d'effroi.
Les meurtres y sont décrits avec délectation dans toute leur atrocité.
Et de toute évidence, le meurtrier habite la maison, c'est l'un des 4 fils March.
Oui, mais lequel?
Impossible pour Jeanie d'en parler à la police, elle est coincée par son lourd secret.
Il faut donc qu'elle le démasque et qu'elle l'empêche de continuer à tuer.
Mais l'assassin s'avise qu'on a trouvé son journal. Il la provoque. Elle le défie.
Le jeu cruel du chat et de la souris peut commencer...

 

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Un pur roman de psychopathe. Traité de façon un peu singulière, le genre épistolaire revu et visité : tout se passe par journaux intimes interposés.

 

Jeanie est bonne à tout faire (disons "gouvernante", c'est plus classe) chez le Dr March et sa femme. Ils ont 4 enfants,  4 garçons, des quadruplés. De parfaits "jumeaux", chacun étant physiquement la copie conforme de l'autre, mais chacun avec sa façon de s'habiller et de se coiffer. Clark. Jack. Mark. Et Stark. L'un d'entre eux tient un journal intime, qu'il cache -allez savoir pourquoi- dans la doublure d'un manteau de Mme March. Un journal un peu spécial, puisqu'il y relate... ses meurtres! Eh oui, 17 ans, à peine du poil au menton, mais ça trucide déjà à tour de bras. Que voulez-vous, la jeunesse de maintenant, hein...

 

Jeanie tombe sur ce journal. Et tombe des nues. Et ne sait que faire. Dans le journal, le gentil garçon se garde bien de dévoiler lequel des 4 il est. Et ils sont tous à la fois si étranges et si normaux, cela pourrait être n'importe lequel.

 

Jeanie a les nerfs à fleur de peau. Elle est plus ou moins recherchée par la police après avoir arnaqué quelques petites vieilles (une voleuse!), sa place chez la famille March, c'est la bonne  planque le temps de se faire oublier. Or, comment se faire oublier si on s'en va chez les flics pour dire "hey, y a un gamin là où j'habite qui trucide les gens, mais je ne sais pas lequel c'est"? Délicat n'est-ce pas? Elle ne peut rien dire à personne. Du coup, pour se décharger un peu émotionnellement, elle décide de faire comme le psychopathe à demeure : elle se confie à un journal intime.

 

Le roman se divise donc en plusieurs chapîtres où les deux narrateurs alternent. Le rendu est un peu spécial, puisqu'on n'a à chaque fois que le point de vue de l'un ou de l'autre, et puisqu'on n'assiste à rien en direct. On apprend la mort de une-telle ou une-telle (oui, bébé March tue des femmes), mais nous n'en avons aucune description. Pas de description gore, pas d'explosion d'hémoglobine. C'est propre si on peut dire.

 

La fin est à la fois originale et classique. Perso, j'avais compris lequel des frères était le meurtrier. Brigitte Aubert donne un ou deux indices à un moment donné, au lecteur de ne pas passer à côté!

 

 

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22 août 2016

crépuscule déchainé

 

 

CREPUSCULE DECHAINE

 

 

Paul BLANCHOT

 

 

 

 

 

 

 

"Ils sont des enfants de la Lumière, choyés, gâtés, protégés depuis leur plus jeune âge. Bientôt adultes, il est temps pour eux de faire leurs preuves, de découvrir le vrai visage du monde, et de se frotter à ce qu'ils ne peuvent seulement concevoir.
L'heure approche, l'heure du crépuscule !"


Un récit Fantasy d'une force incroyable, extrait de l'anthologie d'épouvante "Veillées Funèbres"

 

 

 

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J'ai acheté cette nouvelle il y a un petit moment déjà (après avoir lu "la crise" me semble-t-il), mais comme je ne suis pas du genre rapide, j'ai encore mis une éternité entre l'achat et la lecture... Je sais, je suis pénible.

 

Je n'avais pas trop fait attention à l'intitulé "Fantasy". J'aurais dû. N'étant pas une grande fan du genre, je n'ai pas super adhéré à l'histoire. C'est un peu genre le Jedi et ses deux padawans seuls contre le mal à l'état pur. C'est bien écrit, c'est bien amené, c'est bien rythmé, mais ce n'est définitivement pas ma came.

Ma lecture ne m'a pas super transcendé, mais au moins j'ai pu me rendre compte que Paul Blanchot savait se diversifier, et pouvait maitriser plusieurs genres. Bref : un bon auteur à suivre!

 

 

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codex occultum genesis

 

 

 

CODEX OCCULTUM GENESIS

 

Didier FEDOU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je regardai Von Kraken.
– C'est authentique ?
– Évidemment ! Savez-vous comment Herr Hitler est mort ?
– Un suicide, je crois ?
– Le 30 avril 45. Vous voyez ? Un seul livre, trois personnages d'époques différentes.
– Je ne sais pas, je...
– Si. Mais vous ne voulez pas encore le croire. Je ne ferai pas l'inventaire complet de qui a signé ce livre, juste quelques exemples : Eric XIV de Suède, mort en 1577. Bernard de Septimanie, comte de Toulouse, tué en 844. Asaf ad-Dawlà Abi Salabat, assassiné en 1763. Et là, là, regardez : Je serai l'empereur de tous les français. Napoléon Bonaparte ! Mort en 1821 d'un cancer de l'estomac!
– M. Von Kraken...
– Et ça : je souhaite la victoire sur mes ennemis. Clair, net et précis. Alexandre le Grand, mort en -323. Vous n'y croyez pas, hein ?
– Non, effectivement. Un faux, sans intérêt. Pourquoi me montrez-vous cela ?
– Parce que c'est vrai ! J'ai dépensé une fortune à retrouver des documents originaux écrits par ces hommes, ce qui constitue la bibliothèque qui vous a tant impressionné à l'étage inférieur, pour comparer les écritures et les styles. J'ai fait dater les encres. J'ai étudié leurs biographies pour confirmer les relations entre les lignes de ce livre, leurs fulgurantes ascensions, et leurs morts violentes. Pensez-vous que j'aurai gaspillé tant d'argent sur du vent ?
– Mais enfin, rien que... les livres n'existaient même pas du temps d'Alexandre ! Et quand bien même, aucun ne serait parvenu en si bon état pour recevoir la plume de Jesse James ou Hitler !
– Ai-je dit que ce livre est normal ?
Je soupirai.
– M. Von Kraken, je suis désolé, je ne suis pas la personne qu'il vous faut.
– Au contraire, professeur Dubois. Il me suffit de parvenir à vous convaincre. Tout au moins vous fournir les preuves et théories dont je dispose. Ensuite, vous déciderez. »

 




Il est des livres inutiles, des livres qui vont et viennent au gré des modes. Des livres de référence, qui font autorité dans leur domaine. Des livres qui se lisent et se relisent et s'oublient ou restent gravés dans la mémoire. Il est des livres qu'on découvre bien des années plus tard. Il est des livres qui traversent les siècles et qui inspirent encore leurs lecteurs. Il est des livres interdits, mis à l'index, des livres maudits. Il est des livres posant les fondations des grandes religions et qui survivent des milliers d'années plus tard.


Et pourtant, un seul livre a réellement changé le monde. Un seul...

Et maintenant, si vous l'osez, tournez la page !

 

 

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Une petite nouvelle gentillette mais flippante du Sieur Fédou. Une histoire courte qui bouge peu puisque tout se passe au même endroit, dans une pièce de la grande demeure de Mr Van Kraken. Une nouvelle qui sent bon la poussière des vieux livres...

Bon, perso, je n'ai pas super adhéré. C'est bien écrit, c'est bien tourné. C'est du niveau Fédou, pas de problème là dessus. Mais je n'ai pas franchement trouvé cette lecture exaltante. Sûrement dû au côté ultra statique de la narration. Deux hommes penchés sur un livre, ce n'est pas très olé olé comme action........ Je dois dire que j'ai malheureusement été assez influencée par le nom du vieux monsieur qui désire se séparer de son livre. "Van Kraken". Moui, je ne sais pas pourquoi, mais au vu du nom, je m'attendais à une histoire de vampire. Le professeur Dubois déboule dans la maison lugubre d'un vieux très vieux du nom de Van Kraken, ça y est, je voyais déjà des canines pointues se montrer. Mais pas l'ombre d'un vampire dans cette histoire.... Encore que si, à bien y réfléchir, il y a bien un suceur de sang dans cette histoire. A vous de le découvrir!

 

 

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08 août 2016

Jaune Caravage : un automne meurtrier

 

 

 

JAUNE CARAVAGE

UN AUTOMNE MEURTRIER

 

Gilda PIERSANTI

 

 

 

 

 

JAUNE

 

 

Rome, 2006. La Nuit Blanche fait place à l'aurore. Les bruits de la fête se sont évanouis. Pour Eva aussi, la fête est finie : sur les bords du Tibre gît l'adolescente, fauchée au printemps de sa vie, un matin d'automne romain...

Arrachée au plus bel âge de la vie, vraiment ? Mariella De Luca en doute fort : au fur et à mesure de son enquête, l'inspecteur principal prend conscience des errements d'une génération déboussolée. Cellules familiales éclatées, sexe, drogues, trahisons, fascinations gothiques pour la mort... La jeunesse italienne n'est pas en reste de blessures, de perversités. Victimes et bourreaux s'échangent souvent les masques - et si la vie est un jeu, le crime, lui, ne connaît pas de gagnant...

 

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Et me voici de nouveau dans le monde de Gilda Piersanti, la plus française des auteures italiennes. La quatrième saison meurtrière, l'automne.

Mois de septembre 2006. Une jeune fille est retrouvée morte, égorgée.

Quel est le mobile de ce meurtre? Meurtre gratuit, quelqu'un qui voulait tuer et qu'importe sur qui cela tombe, Eva était au mauvais endroit au mauvais moment? Meurtre passionnel? La demoiselle était jeune mais très également très belle, un amoureux éconduit qui serait devenu fou?

Mariella et Silvia sont chargées de l'enquête. Et ça part un peu dans tous les sens. Eva était d'origine russe, l'amant de sa mère n'a pas l'air très net, le meurtre de la petite est-il en rapport avec la mafia russe? Mais la petite était aussi plutôt un peu junkie, un problème avec un dealer?? Eva avait également fait un peu de mannequinat, une jalousie d'un ou d'une concurrente dans le monde de la mode??

Ce meurtre est on ne peut plus mystérieux, et plus Mariella et Silvia s'enlisent et s'enfoncent dans leur enquête, plus elles comprennent que le monde des adolescents, ce n'est pas vraiment le monde des bisounours...

 

D'un point de vue "hors enquête", il se passe deux trois petites choses dans la vie de Mariella. D'abord du côté du mystère de la disparition du fils du commissaire d'Innocenzo il y a vingt ans. Ensuite du côté de sa relation amoureuse avec Paolo. Autant pour le précédent tome je m'étais étonnée de voir la sombre Mariella se transformer en midinette totally in love de son homme, autant cette fois-ci, voici qu'elle soupçonne Paolo de voir une autre femme. Mais c'est qu'elle serait presque jalouse notre inspectrice vedette! Elle grandit Mariella, mais c'est à se demander si ça lui fait du bien.

 

La résolution de l'enquête est à la fois surprenante et décevante. On suit toute l'action pendant des heures, et soudain, clac, la solution. Certes bien vue, mais qui est tellement rapide et littéraire, que perso je me suis sentie spoliée. Gilda Piersanti m'a enlevé tout le plaisir de chercher, de cogiter, de trouver qui était le meurtrier. La résolution de l'enquête m'a franchement déçue...

Ca ne m'empêchera pas de continuer à lire du Piersanti, ne serait-ce que pour finir par découvrir ce qui est réellement arrivé au fils du commissaire......

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02 août 2016

Le trône de Fer : l'ombre maléfique

 

 

LE TRONE DE FER

L'OMBRE MALEFIQUE

 

George RR MARTIN

 

 

 

 

 

ombre

 

 

Haï de tous et constamment en butte aux intrigues de sa propre sœur, la reine régente Cersei, Tyrion le Lutin se démène de son mieux pour préserver Port-Réal et rallier à la cause de sa maison de grands seigneurs rétifs. Le nouveau roi du Nord, Robb Stark, menace les domaines Lannister et expédie sa mère auprès de Renly Baratheon, rival direct de son propre frère, Stannis. Obtiendra-t-elle l’union sacrée contre l’adversaire commun ? Que pèse la bonne volonté des hommes face aux rivalités des dieux ou des puissances occultes qui se déchaînent en leur nom ? Comment Winterfell lui-même ne serait-il pas submergé sous les vagues d’adeptes du dieu Noyé ? Que peut la Garde de Nuit face aux sauvageons, complices insidieux des Autres ? À l’évidence, l’hiver vient pour le royaume des Sept Couronnes.

Maléfices, émeutes, guerre, confusion, haine, meurtres et démence, voilà ce que présageait, semble-t-il, sous des noms divers, la comète rouge : l’imminence d’un chaos sanglant. Fétu que l’individu – qu’il s’appelle Arya, Sansa, Bran, Tommen, Myrcella... – dans cette furia de mort. Fétu que l’enfance, et pourtant, quelle vitalité !

 

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Un petit tome tout tranquillou en apparence, mais où finalement, mine de rien, ça remue beaucoup.

 

ATTENTION SPOIL

 

Catelyn Stark est dépêchée par son fils Robb (roi du Nord) pour tenter de fédérer sous sa banière les deux frères du feu roi Robert Baratheon. Mission impossible, si l'on considère que les deux frères se sont chacun auto proclamés héritier de Robert, donc vrai Roi. Chaque frère fédère déjà sous sa propre banière. Renly parce qu'il est somme toute assez sympathique et avenant. Stannis parce qu'il est plutôt froid et qu'il fait peur...

Et les gens ont raison d'avoir peur. Car Stannis est suivi où qu'il aille par une femme, genre religieuse sorcière, toujours habillée de rouge. Les deux frères doivent se rencontrer à l'aube. Plutôt bataille en prévision que petit dej cordial... Renly est sous sa tente, il se prépare. Catelyn est près de lui, dans une dernière tentative pour le raisonner. Lorsque soudain, Renly s'effondre. Mort. Gorge tranchée. Personne ne s'est approché de lui, mais néanmoins, le voici mort. Catelyn est stupéfaite. Elle est prête à en jurer, elle a vu le meurtrier : l'ombre de Stannis. Non pas Stannis lui même, non non, bel et bien son ombre.......

 

De son côté, Arya, toujours plus ou moins servante captive, retrouve trois hommes auxquels elle avait sauvé la vie dans un tome précédent. Trois fieffées canailles, dont on se demande encore pourquoi elle les a sauvés. Ces hommes ne font pas attention à elle, mis à part un. Il la reconnait. Il ne compte pas spécialement la remercier de son geste, mais il en est sûr, il a une dette envers Arya. Arya pense que puisqu'elle lui a sauvé la vie, en retour, il va sauver la sienne, autrement dit, il va l'aider à s'échapper. Yes!! Mais l'homme n'a pas tout à fait la même logique. Selon lui, le jour où Arya leur a sauvé la mise, elle a pris trois vies à la Grande Faucheuse. Arya est donc en dette de trois vies auprès de la Mort. Il va donc l'aider. Qu'elle désigne trois hommes, qui elle veut, il ne posera pas de question. Il tuera pour elle.

Arya se refuse à le faire. Et puis... et puis ma foi, c'est la guerre... alors elle désigne un homme... puis un autre... et chacun meurt...

Des passages que j'ai trouvé particulièrement intenses. Car ne l'oublions pas, malgré tout ce qu'elle a vécu, Arya même si elle a vite grandi dans sa tête n'en est pas moins encore une enfant. Une enfant qui commandite des meurtres. Et qui apparemment le vit très bien. Une personnalité particulièrement dure et implacable commence à se dessiner.

 

Les autres personnages?

Daenerys, la routine. Elle cherche à rejoindre à tout prix l'usurpateur pour lui faire la peau. Mais elle peine bien à avancer et à obtenir les moyens de ses ambitions. Elle a beau avoir trois dragons à son bras, cela ne fait pas tout hein.

Tyrion. Comme toujours, il essaie de brider le roi Joffrey, enfant gâté et cruel qui entend disposer de son peuple comme de bouts de viandes. Il brutalise les gens de Port-Réal. Mais ces mêmes gens se rebiffent, le bon peuple gronde.

Sansa. La grande soeur d'Arya, toujours promise à Joffrey, toujours soumise à Joffrey. Mais pour combien de temps? Etant elle même considérée comme un bout de viande...

Bran. Le petit Bran. Toujours au chateau familial, à Winterfell, à faire office de seigneur Stark résident. Voici qu'il se met à faire des rêves étranges et qu'il se prend à croire qu'il possède un genre de double vue...

Jon. Toujours derrière le Mur. Toujours près d'un danger que l'on sent (l'hiver arrive) mais ne voit pas. Toujours une atmosphère aussi pesante autour de lui. On ressent à la lecture que même si les prétendus rois se tirent tous dans les pattes, même si le peuple gronde, même si tout part en cacahouète, on ressent que le vrai problème va arriver du Mur, que c'est Jon qui est en première ligne....

 

Et Cersei dans tout cela? La très belle et très machiavélique reine Cersei. Eh bien. Relativement inexistante dans ce tome. Elle s'inquiète pour son frère jumeau (Jaime) et s'inquiète de la sécurité de son plus jeune fils, Tommen, qu'elle veut éloigner au plus vite de Port Réal. (à noter que sa fille Myrcella est également auprès d'elle, mais elle, a priori, tout le monde s'en fout hein!)

 

Bref, wait and see, attendons le tome 5. Comment va tourner Arya, que va faire Stannis, Sansa va-t-elle enfin se rebeller et arrêter de subir?

 

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02 juin 2016

Ebookivore 2016

 

 

 

EBOOKIVORE 2016

 

 

SCRIBOUY'ART - ECRIVA'YON - PLUME ELLAGI

 

 

 

 

 

ebookivore

 

 

 

 

 

Le recueil de l'ebookivore, c'est 89 chroniques établies sur les auteurs indépendants, les petites maisons d'édition ou les jeunes auteurs. Triés par genre, il constitue un catalogue d'eBooks qui ont été appréciés par leur originalité, leur sérieux (dans la mise en page et la syntaxe, notamment).



Chaque eBook qui a été chroniqué est classé par catégorie :

Des romans chargés d'émotion
De belles nouvelles contemporaines
Des récits drôles, voire surprenants
Des séries littéraires addictives
De courts récits noirs
Des nouvelles de science-fiction
Des policiers et thrillers sentimentaux
Des thrillers teintés de fantastique ou d'ésotérisme
Des romans d'espionnage ou de politique-fiction
Des histoires réservées aux adultes
Des livres pour la jeunesse
Des essais et des réflexions
Des guides pratiques
Des guides dédiés à l'autoédition



Et toujours un index de près de 120 auteurs à connaître avec un accès direct à leur page.

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L'Ebookivore, je ne sais même plus comment j'ai connu son existence. Sûrement une promotion amazon. Ou alors des e-auteurs qui en parlaient sur Facebook. Franchement, je ne me rappelle plus. Mais l'idée m'a plu. D'autant plus que sur les trois auteurs, deux ne m'étaient pas inconnus. Plume Ellagi, j'avais déjà lu quelque chose d'elle (que je n'avais pas aimé, certes, mais j'avais déjà croisé son style). Scribouy'Art, eh bien, vu que je lis et commente des bouquins d'auteurs indépendants sur Amazon, je n'ai pas pu passer à côté des posts de cet autre commentateur passionné. On lit plus ou moins les mêmes choses, et il est très actif.

J'étais donc curieuse de lire d'autres points de vue sur des petites choses que j'ai déjà lues (Didier Fédou, Azel Bury...), et de découvrir encore de nouveaux auteurs. Curieuse curieuse curieuse!!

J'ai lu. Et je suis déçue. Certains bouquins sont très bien chroniqués, ça donne envie. Pour d'autres, ben on apprend juste que le "français est de qualité", que ça se goupille bien, que les descriptions sont bonnes, etc etc... Mais à aucun moment on ne nous parle un tant soit peu de l'histoire. Du coup, on a un titre, un nom d'auteur, et un commentaire "c'est bien faut le lire". Mouais. Pour faire ça, autant ne rien écrire hein. Pour m'annoncer que le "français est de qualité" (oui je bute dessus car je l'ai rencontré plusieurs fois celle-là), c'est pareil, c'est gentil, mais en tant que lectrice de e-auteurs, ce que j'attends d'eux ce sont des idées, de la vie, du vrai. Si je veux du français de qualité, ben je prends les oeuvres complètes de Victor Hugo. On peut avoir un très bon niveau en français et écrire de la soupe.

Du coup, je me suis un peu plus penchée sur les commentaires Amazon pour l'Ebookivore. Et j'ai souri. J'ai reconnu pas mal de noms de e-auteurs. Ceux-là même qui sont encensés dans cet ebook. Ils ne pouvaient pas dire "c'est bof" hein.

Je n'irai pas vous dire de passer votre chemin et de ne surtout pas acheter l'Ebookivore, parce que je le redis, l'idée est bonne, et certaines chroniques donnent vraiment envie. Le hic, c'est que c'est assez inégal. Et je trouve dommage que les trois auteurs n'aient pas pensé (ou n'aient pas pu, histoire de droits?) à mettre un résumé de chaque ouvrage (genre la quatrième de couverture) avant leur commentaire. On aurait gagné en compréhension.

 

30 mai 2016

Epilogue

 

 

EPILOGUE

 

Frédéric SOULIER

 

 

 

 

 

epilogue

 

 

 

 

Martial Chaînard, 84 ans, coule des jours paisibles et qui se ressemblent tous dans un EHPAD - acronyme moderne et politiquement correct désignant un mouroir. Mais lorsque le destin lui joue un dernier tour de cochon et l'oblige à sortir du rôle de spectateur dans lequel il s'est toujours complu, le vieillard terne et effacé décide d'offrir à son insipide biographie le plus brillant des épilogues.

 

 



Extrait :

Sentant qu'on l'observait, Martial releva la tête de son bol. Une goutte de café perlait à la pointe de son nez. Sur le palier se tenait Georgette Archambaud, sa voisine de chambre. Elle flottait dans son tablier à fleurs et plissait sa vilaine trogne de mégère constipée, soutenue en station debout par le déambulateur dont elle ne se séparait jamais, comme une extension insécable de son corps – un modèle pliable ultra-léger équipé d'un panier dans lequel elle fourrait tout un bric-à-brac. Si Isaac Newton avait eu les nichons de cette vieille-là face à lui comme Martial les avait en ce moment même, il en aurait conçu sa théorie de la gravitation universelle plus vite qu'en observant les pommes tomber!

 

 

 

 

 

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Frédéric Soulier, je m'y étais essayée l'année dernière avec Le trou de ver dans la maison du crack, une nouvelle qui m'avait laissé une très bonne impression. Du coup, comme je n'ai peur de rien, je me suis lancée dans un roman du sieur. Il en a commis quelques uns apparemment (dont encore un il n'y a pas si longtemps que cela, sorti début mars), mais c'est celui-ci, Epilogue, qui m'a attiré l'oeil... par le limite mauvais goût de sa couverture! Un dentier dans un verre d'eau, non mais c'est d'un chic! LOL. Et ma foi, tant mieux, parce que sans ce détail, eh bien je pense que jamais je n'aurai choisi d'acheter ce titre-là, le pitch ne m'emballant pas plus que cela : un petit vieux qui s'emmerde dans sa maison de retraite, mouais, bof, j'ai lu le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, j'avais déjà donné dans le retraité quoi.

 

 

Je me suis donc mise à lire Epilogue. Et je me suis demandée où je partais comme cela. C'était d'un plat. Il ne se passait rien, si ce n'est le triste quotidien d'une maison de retraite mal tenue. En temps normal, un truc aussi plat, j'arrête, je laisse tomber, je passe à un autre e-book et basta. Mais là, c'était Frédéric Soulier. Je me suis méfiée. Tout ce calme, ça ne pouvait pas durer éternellement. J'attendais le deuxième effet kiss-cool.

 

Donc j'ai lu.

Et j'ai lu.

Et j'ai lu.

 

Au bout de quelques pages, j'étais déjà tombée deux fois sur le mot "cacochyme". Mot que je croyais être seule en France à utiliser (la tête de mon mec la première fois où il m'a entendue le dire, impayable!). Puis est venu "alacrité"... Et tout un tas d'autres mots oubliés... Là je me suis dit que le mec, soit il avait un dictionnaire des synonymes bien balèze, soit il avait du vocabulaire. Qu'importe, quel que soit le cas, j'étais conquise. Parce que ces mots oubliés, ils étaient bien placés, à aucun moment ça ne faisait ampoulé, c'était très fluide, pas d'impression d'un auteur qui se regarde écrire. Donc, eh bien : j'ai lu, j'ai lu, j'ai lu (c'est agaçant ces répétitions hein)

 

 

Et arrivée à quelque chose comme 40% de lecture -ce qui est énorme sur un bouquin- pinaise, ça y était, il y avait de l'action. Le train-train pépère de notre paisible Martial, notre retraité de 84 ans, héros de cette histoire, le train-train pépère de Martial donc, se prenait une sacrée claque. Et notre paisible Martial, après cette "claque", il nous a fait un virage à 180°. A partir de là, Frédéric Soulier, il a tourné la poignée des gaz, lâché l'embrayage, et il m'a emmené avec lui carrément tambour battant. Moi qui attendais mon deuxième effet kiss-cool, je n'ai pas été déçue.

 

Je ne vous raconte rien de l'histoire. Rien de ce qui se passe dans la première partie "plan-plan", et rien de ce qui se passe dans la deuxième partie qui décoiffe. Parce que finalement, selon mon ressenti, ce n'est pas l'histoire qui compte dans Epilogue. C'est l'atmosphère. Alors bien évidemment, si, l'histoire compte hein, sinon pourquoi se coltiner l'équivalent de 250 pages, pourtant je trouve que  vous faire un résumé ça n'est pas une bonne idée. Soulier, c'est un genre de coach. Mine de rien, avec son bla-bla de la première partie, il vous met en condition pour aller plus loin, l'échauffement, et de ma part, vous donner des bribes de ce qui se passe, de ce qui se dit, hum, ben non : pas bonne idée!