LES LECTURES D UNE TRENTENAIRE AVERTIE

16 juillet 2017

DEVOREUSE

 

 

DEVOREUSE

 

Didier FEDOU

 

 

 

 

DEVOREUSE

 

 

 

« Ils se tassent contre les parois, tandis que la grosse larve lève la tête, ouvre la bouche, renifle en ronflant, grommelle dans sa morve et siffle de petits cris aigus. Puis, avec de lourdes reptations, elle glisse et ondule, serpente vers la sortie du repaire, pour gravir la pente et sortir. Juste avant de basculer par le bord de l'ouverture, la pluie la trempe et nettoie la terre de sa peau épaisse. Son épiderme est blanchâtre, un peu translucide, évoquant la peau d'un cadavre de noyé, gorgé d'eau croupie. Un épais mucus, le vernix de l'enfer, gonfle sous l'averse en une gélatine brillante, et Dévoreuse sort.
Après le moment de stupeur et de dégoût, Roland s'empare de son couteau qui gisait dans la boue et se jette dans le conduit, rampe vers l'extérieur et les autres suivent par réflexe, c'est Roland le chef, sans même s'en rendre compte. S'extirpant du trou, frappés par la pluie et le vent, ils glissent le long de la pente de la colline, suivent la piste gluante laissée par la créature larvaire et la retrouvent quelques mètres plus loin. Dévoreuse. Roland lève son couteau comme un poignard en rugissant.
– Qu'est ce que tu fais ? s'inquiète Delphine.
Le visage dur, le sang de son nez blessé délavé par la pluie qui dessine un masque de guerre dégoulinant, il court vers la larve. Celle-ci enfonce la tête dans la boue, se tortille et bat des membres pour s'enfouir, s'enterrer. Le poing de Roland s'abat, lame en avant, le coup d'épée d'un chevalier en devenir, qui aurait ainsi pu mettre immédiatement fin à la terreur, mais déjà la bête a percé un tunnel et a disparu sous l'humus, sous l'argile grasse, et au-delà. Le canif se plante en vain, le poing serré gicle dans la glaise. C'est raté.
Roland se redresse, puis retombe sur les genoux, devant le trou qui se comble au fur et à mesure d'eau et de terre. Ses amis le rejoignent.
– C'est parti, dit-il du même ton que s'il avait perdu une bataille.
– C'était quoi ? fait Michel.
Pas de réponse.
– Roland ?
– Je sais pas... »

Une nuit de tempête, les quatre gosses se réunissent dans leur refuge. Ils subissent depuis bien longtemps des traumatismes trop graves pour eux : enfance battue, racket, deuil, pédophilie... Le sel de leurs larmes, le sang de leurs blessures, la terre sous laquelle ils se cachent et les éclats de foudre, ce n'est pas une nuit comme les autres. Ensemble, ils invoquent un égrégore, l'esprit de vengeance : Dévoreuse.
Ainsi est rendue justice, ainsi vengeance est faite, mais la créature ne fait rien pour rien, elle leur a offert la vengeance, rendu la liberté, elle exige maintenant son dû, et à chacun d'eux la même créance : ta vie, ou ce qui t'es le plus cher...

Une traque, une chasse, sans pitié, sans répit. Mais qui chasse qui ?
Vous aurez à nouveau peur de sortir la nuit...

 

 

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L'histoire commence dans les années 90. Quatre mômes. Tous au collège. Genre 11 - 12 ans, pas encore des grands, plus tout à fait des petits.

Roland. Qui vit en HLM, avec ses parents. La mère est mère au foyer, le père bosse mais se fait chier dans son job et dans sa vie, il boit pour oublier. Et à force de boire, il finit par oublier bien des choses. Mais pas de taper sur sa femme et de terroriser son fils.

André. L'opposé. Gosse de riches, ses parents sont hyper occupés, très peu présents, accaparés par leurs boulots. Pour compenser, ils achètent à leur gamin tout ce qu'il veut. Du coup le gamin en profite. Habillé toujours dernière mode, avec des fringues siglées au nom des meilleures marques, un vrai petit sapin de Noël, il suinte tellement l'argent que ça ne manque pas : il se fait repérer par des petites crapules du quartier, trois délinquants qui se font une joie de le racketter.

Michel. Entre les deux on va dire. Lui non plus ses parents ne sont pas très présents. Non pas que ce soient des parents indignes comme pour Roland ou des parents surbookés comme pour André. Non. Sandrine, la petite soeur de Michel, 4 ans, est très très malade, hospitalisée. Si elle ne reçoit pas un coeur très bientôt, peut-être qu'elle mourra...

Delphine. La fille de la bande. Parce qu'il faut bien qu'il y ait toujours une fille dans une bande! Ses parents sont des cathos psycho rigides. Très occupés et investis dans la vie de la paroisse, le père surtout. Et le père il ne badine pas avec l'éducation. Pas question de voir sa fille trainer les rues avec des garçons, encore moins question de la voir négliger un tant soit peu ses études. D'ailleurs, le père de Delphine, il n'a qu'un souhait, que leur fantastique voisin, un homme vraiment très très bien, pieux, éduqué et tout et tout, s'occupe de Delphine après les cours, pour lui faire réviser ses cours. Delphine est loin d'être emballée, car elle, elle le voit bien l'air lubrique de Bernard, elle le sent bien qu'en effet Bernard lui aussi aimerait bien "s'occuper" d'elle après les cours...

La vie passe, et un soir, après les cours, il y a comme un couac...

Le père de Roland ne se contente plus de frapper son épouse, il met une beigne à son fils également...

Les petits racketteurs ne se contentent plus de racketter, ils font un exemple, André se prend un coup de cutter à la main, rien de dramatique sur le point de vue vital, mais sur le point de vue psychologique...

Michel, seul comme bien souvent à la maison, reçoit un appel de ses parents. Sa petite soeur est dans le coma. Soit elle reçoit un coeur maintenant, soit elle meurt...

Et le père de Delphine lui a trouvé une occupation pour son retour des cours, comme lui et sa femme doivent s'absenter, il a trouvé un genre de baby sitter à sa fille. Ce cher Bernard va lui faire réviser ses leçons, chez lui. Delphine est atterrée. Bernard a l'air ravi...

 

En temps habituels, les trois amis ne se cotoient pas au collège, ils ne sont pas dans les mêmes classes, n'ont pas les mêmes horaires, alors ils se retrouvent au moins une fois par semaine dans ce qu'ils appellent leur "repaire". Un genre de mini grotte creusée sous un arbre. Un terrier immense. Ils s'y inventent une autre vie. Une vie où Roland qui plie sous la terreur de son père serait un chevalier solitaire, fort, courageux, venant à bout de tous les combats. Une vie où André serait un dragon. Une vie où Michel serait un grand sorcier façon Gandalf. Une vie où Delphine serait une princesse guerrière, toute en armure et chevauchant une licorne. Ce repaire c'est leur coin de rêve.

Ils viennent tous de subir un drame, ils ont besoin de reconfort. Sans se concerter le moins du monde, chacun s'échappe et file au repaire. Ils s'y retrouvent. Et là, un moment magique se produit, un grand moment de communion, il se passe quelque chose, ils le sentent....

Un cinquième invité apparait dans le repaire...

Dévoreuse.

Leur nouvelle copine pour la vie....

Dévoreuse a bien compris leurs soucis. En deux temps trois mouvements, elle les débarrasse de leurs problèmes.

Roland ne se prendra plus de beignes de son père.

André ne se fera plus racketter.

Delphine ne risquera plus de se faire violer par le voisin.

Quant à Michel, sa petite soeur vivra.

Happy Ends en rafale!!!

Champomy!!!

Oui... mais Dévoreuse, c'est pas un bisounours. S'agit pas de lui donner l'accolade en lui disant "rhoo Dévo! Tape m'en 5!!! Ca fait trop plaisir de te voir, merci hein!!". Dévoreuse, c'est un démon vengeur. Salariée du Mal. Il y a une petite facture à régler. Oh, trois fois rien... Et pour le paiement, Dévo, elle est arrangeante, elle veut bien échelonner dans le temps...

 

 

 

 

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01 juillet 2017

Complètement cramé

 

 

COMPLETEMENT CRAME

 

Gilles LEGARDINIER

 

crame

 

 

 

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Lassé d’un monde dans lequel il ne trouve plus sa place, privé de ceux qu’il aime et qui disparaissent un à un, Andrew Blake décide de quitter la direction de sa petite entreprise pour se faire engager comme majordome en France, le pays où il avait rencontré sa femme. En débarquant au domaine de Beauvillier, là où personne ne sait qui il est réellement, il espère marcher sur les traces de son passé. Pourtant, rencontres et situations hors de contrôle vont en décider autrement… Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps, Odile, la cuisinière et ses problèmes explosifs, Manon, jeune femme de ménage perdue et Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui cherchait un moyen d’en finir va être obligé de tout recommencer…

 

 

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Je ne suis plus trop souvent sur mon blog, je n'ai plus trop le temps de lire. Et quand je lis, j'ai une tendance à abandonner mes lectures. J'étais en train de lire le dernier Jacques Vandroux, puis je me suis dit "trop de sang". Alors je suis passée à Bastien Pantalé, excellent auteur indépendant, mais également plutôt sanglant. Je suis donc passée à Didier Fédou, en me disant que la Fantasy, voilà, ça c'était bien, pas gore, de la magie, du merveilleux.... Moui, mis à part que j'avais jeté mon dévolu sur sa "Dévoreuse". Encore plus sanglant que Vandroux et Pantalé réunis!

Du coup, je suis arrivée à Gilles Legardinier. Voilà. Legardinier. Valeur sûre si on ne veut pas de gore, de sang, de terreur. Et en effet, je me suis plutôt bien marré en lisant ce Complètement cramé. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance, ce n'était pas un livre numérique mais un bon vieux bouquin papier.....

Andrew Blake m'a bien fait rigoler dans le rôle du british parachuté au milieu des frenchies. A la fois guindé et farfelu, un brin dingue et pourtant la tête hyper bien sur les épaules, le type même du personnage hyper attachant. Pas trop la peine de raconter l'histoire, le résumé de la quatrième de couverture nous raconte bien dans quelle ambiance on va se retrouver.

De la feel good littérature qui détend bien, qui donne envie d'aller relire du Legardinier, bref un bon moment.

 

Maintenant, ben il n'y a plus qu'à retourner à mes sauvages : Vandroux, Pantalé et Fédou! LOL

 

 

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23 avril 2017

Miss Pérégrine et les Enfants Particuliers / tome 1

 

 

 

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS

 

Ransom RIGGS

 

 

 

 

peregrine

 

 

Jacob Portman, seize ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du Pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants "particuliers". Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des "Monstres".


Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, il part en quête de la vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ?

 

 

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Un message sans photo, j'ai un problème de plug-in avec mon adobe...

 

Les Enfants Particuliers, j'en ai entendu parler pour la première fois avec Tim Burton et son film. Ca avait l'air bien sympa. Mais comme d'habitude, avant d'aller voir le film, j'ai voulu lire le livre. En regardant les interviews de Burton, j'avais cru comprendre que Les Enfants Particuliers était un bouquin qu'il avait adoré lire quand il était gamin. Quand après quelques minutes de lecture, je me suis rendue compte que le héros, Jacob, avait un téléphone portable en poche et envoyait des sms avec, j'ai compris que quelque chose m'avait échappé. Moi qui m'enthousiasmais à l'idée de lire de la littérature un peu vieillote, j'ai vite déchanté. M'enfin bon, maintenant que le bouquin était acheté, je n'allais pas le jeter (car oui messieurs-dames, oui, je l'ai acheté en vrai livre, avec du papier!!! oui oui oui!!!)

 

Jacob est donc un jeune ado, un peu solitaire, avec un grand-père qui le gave d'histoires farfelues depuis son plus jeune âge. Quand il était gamin, les histoires de papy, ok, merveilleux on y croit. Puis Jacob a grandi, et les histoires de papy, c'était comme la légende du père Noël, rien de vrai là-dedans. Et papy qui se vexe quand on lui dit que non c'est pas vrai. Du coup, ben, seule explication : papy décaroche grave. Choc des générations......

Mais Jacob reste néanmoins proche de son grand-père. Jusqu'au jour où Abe lui téléphone et semble limite paniqué, genre "ils arrivent". Jacob qui était au taf quitte donc son poste pour aller voir son dingo de grand-père. Et là, surprise, pas de grand-père à la maison, en revanche un rude bordel et des traces de sang. Jacob part à sa recherche et finit par le retrouver pas très loin de là, raid mort. A priori à demi bouffé par des chiens errants. Gore. Les Enfants Particuliers est un bouquin jeunesse je le rappelle, perso, j'ai trouvé ça un peu too much comme mort pour des gamins. Ensuite, vous me direz que les gamins de maintenant, hein, mis à part si on les élève chez les Mormons, ils vont plutôt trouver que papy bouffé par des chiens c'est plus cool que gore...

Jacob est bien sûr sous le choc et commence à tomber en déprime. A tel point que ses parents l'envoient chez le psy. Ce que Jacob encaisse assez mal, mais pendant ce temps-là, au moins, on lui fout la paix.

En fouillant dans les affaires de son grand-père, Jake découvre tout un tas de photos illustrant les histoires de papy. Des histoires où il lui racontait les talents de ses amis particuliers : un enfant invisible, une fille à la force herculéène, une autre qui peut s'envoler dans le ciel comme un ballon gonflé à l'hélium... Et si finalement c'était vrai? Hum, non, les photos ont l'air quand même truquées. Pfff, sacré grand-père. Jacob trouve un renseignement pouvant le mener là où son grand-père aurait soit disant passé sa jeunesse parmi ces enfants particuliers. Une petite île près du Pays de Galle. Il en parle à son psy. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, non seulement le psy ne se paie pas sa tête mais en plus, il l'encourage vivement à suivre ce chemin vers le passé....

Le jeune Jacob part donc accompagné de son père vers cette île.

Après quelques jours de visites en long et en large dans l'île, Jacob finit par découvrir et rencontrer le passé de son grand-père. Et c'est le choc. Ainsi donc papy ne décarochait pas. Il disait la vérité. Commence l'aventure. Commencent les rencontres passionnantes et passionnées. Une aventure dangereuse. Des rencontres dangereuse également...

 

Perso, je n'ai pas été super emballée par cette lecture. C'est sympa, hein, mais l'histoire est assez visuelle et la narration n'est à mon avis pas assez descriptive. C'est un peu plat. Bon, ensuite, c'est du "jeunesse", trop de description et les gamins vont vite en avoir marre et fermer le bouquin. C'est sûrement pour cela que le bouquin est truffé de photos des enfants particuliers. Plutôt que de les décrire sous toutes les coutures, autant les montrer. Bonne idée. Du moins en livre papier, oui, c'est une bonne idée. Mais moi vous me connaissez, je suis hyper à fond dans les bouquins numériques, donc au bout de quelques chapitres, tourner de "vraies" pages, ça m'a vite saoulée, alors zou, achat en kindle. Et les photos sur liseuse, c'est franchement nul. On ne peut pas les agrandir, elles sont toutes petites sur l'écran, et franchement, on ne voit rien. Laborieux quoi. Du coup j'ai passé mon temps à aller de la liseuse au livre. Ca tournait un peu au ridicule, ha ha ha...

La narration m'a donc semblée assez plate. Et l'histoire également. Un peu plate. Un petit manque de punch on va dire. C'est le problème quand on a pour référence "jeunesse" un certain Harry Potter, on s'habitue à un rythme nettement plus speed.

 

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07 février 2017

Le Messager du Parc

 

 

 

LE MESSAGER DU PARC

 

Cédric Charles ANTOINE

 

 

 

 

messager

L’OBSESSION DU BONHEUR CONDUIT PARFOIS AU DÉSASTRE !


Dans un jardin public au cœur de Paris, à l’heure où les joggeurs envahissent les allées, un homme en costume semble affalé, comme prostré, sur un banc. Un vieillard presque aveugle s’arrête devant lui, s’assoit, puis engage la conversation. Une voix apaisante et un sens de l’écoute vont inciter Chris à se confier au vieux borgne. À l’issue d’une longue discussion, l’étranger au crépuscule de sa vie lui suggère une solution inattendue afin de résoudre ses problèmes.

Chris comprend qu’un chemin inexploré se dessine enfin devant lui. Une énergie débordante, absente depuis des mois, l’envahit soudainement et l’encourage à convaincre ses proches d’accepter cette proposition extrême. Sous l’influence du messager, il entame une action spectaculaire pour protéger les siens d’un naufrage annoncé.

Sur fond de scandale politique et d’affaire criminelle hors du commun, un mécanisme irréversible entraînera ce père de famille dans une odyssée dramatique aux confins des Highlands.

Pour jouir de sa fortune sereinement, quelle qu’elle soit, il faut parfois connaître l’infortune pour en apprécier les contours...

PROLOGUE


Une vie hybride entre ville et montagne l’avait condamné à ne plus pouvoir choisir. Il subissait les contraintes d’une organisation familiale et professionnelle qui l’écrasaient dans un quotidien torturé, jalonné d’obligations. Sa femme, ses enfants, son entreprise, tout était parfaitement orchestré, échappant aux imprévus les plus exotiques. Malgré une certaine réussite sociale, il aspirait à plus de simplicité, plus d’authenticité et moins de rationalité. Pour rompre le cycle infernal de son enfer intérieur, il espérait briser ses chaînes en quête d’une solution salvatrice pour lui et les siens. Son comportement, incompris par son entourage, l’enfermait dans une attitude rebelle parfois brutale pour exprimer des envies que beaucoup de personnes qualifiaient de caprices. Peu de gens pouvaient se prévaloir d’un tel confort, mais lui ne revendiquait pas l’opulence matérielle comme unité de mesure du bonheur. Quand il prit sans concertation la résolution soudaine de s’échapper, il bascula sur le sentier de l’inconnu, livré à lui-même à la rencontre d’un drame non programmé. Croyant quitter provisoirement une vie trop bien réglée pour en comprendre le sens, cet homme pétri de bonnes intentions plongea sans retenue dans les bras du mal.

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Je change un peu d'auteur indé. Y a pas que Fédou et Vandroux dans la vie, quoi! hé hé hé... Donc, un pti nouveau dans ma PAL. Cédric Charles Antoine.

L'histoire : Chris est un montagnard pur jus, qui commercialise des objets Made in Montagne. Son business étant florissant, il a pris un associé (un copain d'enfance) et a délocalisé ses bureaux à la ville. A Paris. Paris où il déprime loin de ses montagnes (oui, oui, vous aussi, vous le voyez le cliché à la Heidi, mais je vous rassure, on ne va pas voir Chris gambader dans les alpages au milieu des chèvres au bout de quelques pages).

Notre grand gaillard est marié à Sophie. Citadine indécrottable, hyper connectée, adorant le shopping et la vie trépidante des grandes grandes villes. Autant dire que, elle, la montagne, ça la gagne pas! Vivre à la montagne??? No way!!!

Mais Chris y croit. Cela fait quelques années qu'il vit à Paris par amour pour sa femme, et regagne sa montagne natale un week-end tous les quinze jours. Et pourquoi ne pas faire l'inverse maintenant? Vivre à la montagne et ne retourner à Paris qu'un week-end sur deux? Hein, Sophie, hein?

Sophie donne illico sa réponse. Même pas en rêve!!!

Du coup, le grand gaillard perd un peu ses nerfs. Engueulade avec sa femme. Puis engueulade avec son associé. Puis envie de trucider tout le monde. Bref, burn out imminent. Mais ouf, bouffée d'air pur dans la vie merdique de Chris, tout à fait par hasard, dans un parc où il s'est installé pour souffler un peu, Chris rencontre un petit vieux tout rabougri, borgne (l'auteur insiste sur le fait qu'il est borgne, donc, je relaie l'info), qui pour faire court lui dit qu'on n'a qu'une vie. Carpe Diem quoi. Chris n'a qu'à se prendre un genre de congé sabbatique, voyager, voir du pays, voire voir du monde.

Mais quelle bonne idée que voilà! Chris organise tout en deux temps trois mouvements. Réconciliation avec sa femme et son pote, il fait son sac à dos, et adios, le voilà parti. Il se prend un break de 100 jours.

Ce serait une histoire-aventure bien plan plan si Mr Antoine ne nous narrait pas en parallèle la folle évasion de deux psychopathes enfermés en Grande Bretagne. Deux barges qui trucident à tour de bras. Des bains de sang. Un homme et une femme, un joli petit couple bien gore.

Deux histoires distinctes. Qui finissent par se rejoindre. Puis par se séparer. Pas vraiment en délicatesse.

Mon ressenti dans tout ça. L'histoire, en elle-même, c'était sympa. Même si à la fin on voit venir que certaines victimes qu'on croyait innocentes sont en fait les bourreaux. C'est la narration qui ne m'a pas trop plu. Niveau vocabulaire, ça va, c'est bien. Pas de coquilles non plus. La relecture est impeccable. Vraiment, la narration qui m'a chiffonné. Nous avons un narrateur neutre qui raconte les faits en utilisant du "il" (narration classique quoi), et puis nous avons Chris qui à intervalles réguliers devient celui qui raconte, l'histoire est donc au "je". C'est sûrement une façon de donner du dynamisme à l'histoire, mais perso j'ai trouvé ça un peu lourd, je trouvais que ça ralentissait l'action.

Je n'ai pas aimé non plus la façon dont le temps s'écoulait. L'auteur peut passer des paragraphes entiers sur une anecdote, avec pléthore de détails (genre le décès de la soeur de Chris quand il était petit, anecdote qui finalement ne sert à rien dans l'histoire), et passer deux phrases, voire juste une seule, sur des mois entiers du périple de Chris. Des "aventures" qui lui arrivent dont on aurait aimé avoir plus de précisions, histoire de bien s'imprégner de l'atmosphère, histoire de bien faire monter le drame psychologique. Il y a bien des choses que l'auteur aurait pu développer, tant du point de vue de Chris que du point de vue des deux cinglés. Bien faire monter la pression dans toute la partie en huis clos de cette histoire, façon cocotte minute. Mais là, non, une phrase et on passe à autre chose. Ca m'a beaucoup déçue.

De même j'ai été déçue par le final. Non pas par ce qu'il se passe, pas par le fond, déçue par la forme. Encore une fois c'est trop rapide, pas assez décrit. Ca manque de développement. Si je devais donner une métaphore culinaire, je dirais que Cédric Charles Antoine s'est déchiré à préparer un super appareil à soufflé, il a bien fait attention au moule, il a préchauffé le four juste comme il faut. Et il ouvre la porte du four avant la fin de la cuisson. Le soufflé retombe. C'est raté. vous voyez ce que je veux dire?

bref, c'est pas trop mal mais ça ne m'a pas super transcendé...

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20 janvier 2017

L'indé panda - magazine - numéro 1

 

 

L'INDE PANDA

magazine indépendant - numéro 1

 

 

 

indepanda 1

 

 

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L'Indé Panda, qu'est-ce que c'est ?

Un projet - sans doute un peu fou - lancé par une communauté de passionnés d'histoires en tout genre.

Depuis quelques années, de plus en plus d'œuvres sont proposées par des auteurs indépendants, qui s'affranchissent ainsi des maisons d'édition, pour au moins certains de leurs ouvrages.
Mais comment savoir quel livre acheter ?

Lors de nos discussions avec des lecteurs, nous nous sommes rendu compte que certains n'osent pas franchir le pas. Peur d'être déçu (s'il n'est pas publié classiquement, c'est que personne ne veut de lui) ou encore sceptique quant au prix bien souvent plus faible (c'est pas cher, ça ne doit pas être terrible).

Et l'auteur indépendant, comment peut-il attirer de nouveaux lecteurs ? Se faire connaître sans une équipe de communication derrière lui ?

 

L'Indé Panda est né pour satisfaire autant le lecteur que l'auteur « indé ».

En lisant les nouvelles de ce magazine, vous rencontrerez sans risque - si ce n'est celui de tomber sous le charme - de nouvelles plumes. Libre à vous d'aller découvrir l'ouvrage proposé par l'auteur dans l'espace promotionnel qui suit chaque texte.

Divers genres (SF, fantasy, romance, politique fiction, etc.) sont représentés dans ce recueil, vous trouverez certainement votre bonheur.


Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de ce premier numéro.

 

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Qu'en voilà une bonne idée! Bonne idée que je mets un peu de temps à vous faire connaître, ce numéro 1 étant sorti le 22 septembre 2016, et l'ayant moi-même acheté le 1er octobre. Comme d'hab, je laisse passer une éternité entre l'achat et la lecture. La bonne nouvelle, c'est que n'étant pas un magazine papier, près de quatre mois après sa sortie (le numéro 2 est déjà sorti, et j'ai vu passer sur facebook un appel à textes pour le numéro 3), ce magazine est toujours dispo en ligne sur mon site culturel favori. La magie du numérique!

 

Dans ce numéro, douze nouvelles d'auteurs indépendants. Douze auteurs dont je n'avais absolument jamais entendu parler. Magnifique hein! Les indés, c'est un peu ma spécialité, j'en lis pas mal (oui, allez-y, dites-le, toujours la même bande!), et je connais de nom tout un tas d'autres. Et quand je dis "autres", c'est pas que deux, c'est une bonne tripotée. Du coup, j'apprécie de découvrir encore d'autres indés. Quand je vous dis que lire les e-auteurs est un puits sans fond de lecture, je n'exagère pas.

 

Les douze nouvelles (et les noms des douze ptits nouveaux) :

Dépendance - Nathalie Bagadey


Le Chef d'œuvre de Maître Osato - Patrice Dumas


La Femme sans visage - Marie Havard


A cœur perdu - Edith Couture Saint-André


L'Horloger - Dean Venetza


Celui qui protège - Ghaan Ima


Crocodile - Balthazar Tropp


Votez Blanc ! - Bouffanges


Ad vitam aeternam - Amria Jeanneret


Photos volées - Philippe Deniel


Le Monolithe - Khalysta Farall


La Mouche - Véronique Gault

 

 

Voilà.

 

Qu'est-ce que j'en ai pensé? Eh bien : tout et rien! Les nouvelles sont toutes bien écrites, chacune avec son ambiance, son style, sa narration. Du très bon niveau. Je n'ai vu qu'une seule coquille, un "s" qui manquait à un pluriel, c'est vous dire le drame.

 

Pour ce qui est des histoires racontées, bon, il faut le dire, je n'ai pas été transportée. Elles sont sympa hein, pas de doute là-dessus. Mais que voulez-vous, moi, les nouvelles, vu que c'est par définition un format court, je veux qu'elles m'emmènent quelque part, qu'elles me percutent, qu'elles me causent quoi. C'est le souci à lire du Fédou et du Jomunsi (lui, je ne vous en parle pas souvent, mais je le lis beaucoup sur Facebook où il partage régulièrement ses écrits), ces deux-là m'emmènent! me percutent! me causent! Passer après eux, faut s'accrocher. Mais je le redis, les douze nouvelles de cet Indé Panda sont très bonnes. Vraiment, je ne regrette la lecture d'aucune d'entre elles, à aucun moment je ne me suis dit "put*** heureusement que c'est gratuit, parce que payer pour ça, le crève coeur". Non non non, elles sont bonnes. La sélection de l'équipe de l'Indé Panda a vraiment été très bien faite. Je compte d'ailleurs bientôt lire le numéro deux. Histoire de rencontrer encore d'autres indépandants. Et histoire d'être solidaire avec les pauvres hères qui comme moi ont choisi la dure voie de la lecture indé (lire des indés, ce n'est pas tous les jours très drôle : on lit des trucs super sympas, qui sont super inconnus du grand public, difficile de trouver quelqu'un qui partage mes lectures et avec qui en parler). L'équipe de l'Indé Panda fait vraiment un travail extraordinaire de recherche, de sélection, ils se cassent vraiment la tête pour nous faire partager leur amour des textes bien écrits et faire émerger d'excellents auteurs.

Parlons du petit "+" qui montre que Indé Panda est quand même un magazine et pas juste un recueil de nouvelles. Après chaque histoire, nous avons une petite présentation de l'auteur (écrite par l'auteur lui même), avec sa photo, son actualité, ses titres phares. Un lien vers sa page Facebook, ou son blog, ou sa page auteur sur Amazon.

 

Je mets une mention spéciale à la nouvelle de Patrice Dumas. Celle-ci sort du lot. Il ne s'y passe rien de spécial, ni en bien, ni en mal, l'histoire est d'une banalité absolue, limite on s'endort en la lisant. On attend désespérément qu'il s'y passe quelque chose. Et la fin arrive. Et on se prend les deux dernières phrases dans la gueule. Oui oui, en plein visage c'est trop poli, je le redis : dans la gueule! Comme je disais plus haut avec Fédou et Jomunsi : percutée!

 

 


14 janvier 2017

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

HARRY POTTER ET LE  PRISONNIER D'AZKABAN

J.K. ROWLING

AZKABAN

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Sirius Black, le dangereux criminel qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée à Poudlard. Au programme : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abri du danger qui le menace ?

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Allez, j'ai accouché, je suis de nouveau autorisée à lire des indépendants, mais je n'ai pas résisté à la lecture de ce Harry Potter. Comme vous le savez, j'ai toute la série en anglais, je l'ai lue et relue je ne sais combien de fois, mais pour mes enfants, je me suis mis en tête de leur acheter la série en français. Comme j'ai déjà commenté les tomes 1 et 2, j'ai acheté le tome 3, in french.

Tome 3 = 3ème année à Poudlard pour Harry. Comme d'habitude, l'histoire commence chez l'oncle Vernon. Comme d'habitude, Harry et l'oncle Vernon sont en bisbille, comme d'hab, ça tourne au vinaigre. Harry fait ses bagages et s'enfuit de la maison. Quand y'en a marre, hein, on se barre! Harry est ramassé par le magicobus. Un bus qui sillonne l'Angleterre et emmène les sorciers où ils veulent. Ok, Harry demande à être déposé au chemin de traverse.

Dans le bus, il a plutôt le blues notre Harry. Il a quitté la maison de l'oncle Vernon après s'être énervé contre la tante Marge (la soeur de Vernon). Il était tellement en fureur que, accidentellement, il a transformé la tante en ballon de baudruche énorme, elle flottait carrément au plafond la tantine. Or, Harry sait très bien qu'il n'a pas le droit de pratiquer la magie en dehors de Poudlard. L'année dernière, Dobby, l'elfe de maison a fait de la magie chez Vernon. Le ministère de la magie n'a pas apprécié cela du tout du tout. De la magie pratiquée chez Vernon, pour le ministère, ce n'était pas Dobby (qui n'avait rien à faire là-bas), c'était Harry. Qui s'est pris un avertissement sévère : ok pour cette seule et unique fois jeune homme, mais à la prochaine incartade, c'est le renvoi direct de Poudlard! La disgrâce totale!! Donc, évidemment, tante Marge qui plane près du lustre, même de façon accidentelle, c'est une utilisation illicite de la magie. Adieu Poudlard!!

Descendu du bus, Harry se fait directement intercepter par Cornélius Fudge. Le Ministre de la Magie himself! Diantre! Harry savait bien qu'il était hors la loi, qu'il allait se faire renvoyer de Poudlard, mais que la sentence vienne lui être annoncée directement par le Ministre lui-même, c'est peut-être un peu disproportionné non???

Mais Fudge n'est pas là pour renvoyer Harry. Il est là en protection. Sirius Black, le deuxième plus grand sorcier criminel de tous les temps (la première place revenant évidemment à Voldemort) s'est échappé d'Azkaban. La prison des sorciers. Réputée inviolable. Et Sirius Black est sur la trace de Harry. Le monde magique se doit de protéger Harry, son héros.

Harry passe donc un mois dans le chemin de traverse, surveillé par toute la communauté magique. A la rentrée, il ré-intègre Poudlard, sous la surveillance des professeurs (dont le tout nouveau prof de Défense contre le Mal, Remus Lupin), du directeur Dumbledore, et surtout des gardiens d'Azkaban, venus là en renfort, les fameux Détraqueurs. Des êtres magiques qui se nourrissent de la joie et du bonheur des gens, leur simple présence près de vous fait ressortir les plus mauvais souvenirs que vous ayez, aspire toute votre joie de vivre, vous n'êtes plus que désolation. Qu'un seul Détraqueur vous embrasse, et vous mourrez intérieurement. Le corps est vivant, mais l'esprit n'est plus que l'ombre de lui même, n'est plus que désespoir. Bref, les Détraqueurs, du renfort très controversé. Mais très efficace.

Je vous passe les évènements. Harry Potter, on connait tous. Mis à part la joie de relire encore une fois cette histoire, j'étais surtout très curieuse de voir ce que ça allait donner en français. On est parfois tellement déçu par les traductions! Mais là, non, franchement, chapeau à Monsieur Jean-François Ménard. C'est impeccable! Du rythme, des mots simples mais pas enfantins, de belles tournures de phrases, de l'excellent travail, j'ai vraiment bien retrouvé l'écriture de JK Rowling et son univers. Très très bien!

Autrement dit, vous l'aurez compris, en tant que future lecture de mes enfants, je valide totalement ce bouquin!!

07 janvier 2017

La mort est une garce

 

 

LA MORT EST UNE GARCE

 

Baptiste BEAULIEU

 

 

 

 

 

garce

 

 

 

 

Un vieux médecin se souvient de sa première dissection, de son grand amour et de son goût immodéré pour la charcuterie espagnole. Une tranche de vie touchante, drôle et décalée.

Par Baptiste Beaulieu, auteur du blog "Alors voilà" (5 millions de visiteurs)

 

 

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Connaissez-vous Baptiste Beaulieu? Perso, je le suis un peu sur Facebook. Le mec est médecin, il sort régulièrement des petits billets. Désabusés, ou amusés, ou révoltés. Mais toujours bien écrits. Du coup, comme j'aime bien le style du bonhomme, j'ai été curieuse de voir sa production un peu plus littéraire. Car le bonhomme tient un blog également à ses heures perdues... Blog dont un bouquin d'anecdotes a été tiré. Sur mon site culturel favori, j'ai donc téléchargé ledit bouquin. "Alors voilà, 1001 vies des urgences". Et avant de me lancer dans sa lecture, j'ai repéré également cette nouvelle, "la Mort est une garce". Proposée gratuitement par l'auteur. Comme ça, cadeau. La date où j'écris ce billet ne le montre pas (nous sommes le 7 janvier), mais j'ai lu la nouvelle la semaine dernière, juste avant le Nouvel An. C'était un peu un cadeau de Noël ^^

Je mets un peu de temps à commenter, non pas que la nouvelle m'ait déplu et que j'y aille à reculons pour vous écrire trois mot dessus, non, mais si vous vous souvenez, je vous ai saoulé l'année dernière avec ma grossesse : figurez-vous qu'il m'est arrivé un truc dingue, à savoir que j'ai accouché!!! Diantre!! Quelle surprise hein? Accouchement fin novembre. Un petit garçon. Avec ma première, ma fille, qui me fait la joie de choper un peu toutes les cochonneries qui passent (rhino, grippe...) et qui me fait la joie de filer ses merdouilles à son tout petit frère. Autant vous dire que j'ai passé décembre dans le pipi, le popo, le vomi et la morve. Pas trop eu le temps de lire! Encore moins celui d'écrire...

La Mort est une garce, donc. Que voilà un titre prometteur et d'un joyeux à toute épreuve pour une reprise. Et pour fêter la Nouvelle Année 2017... La Mort est une garce, mais elle nous veut du bien. Car elle nous est présentée par Baptiste Beaulieu. Le Dr Beaulieu ne nous la présente pas comme un truc super sympa qu'il faut attendre avec joie, non non, mais plutôt comme un moment inéluctable, qu'il vaut mieux attendre de la façon la plus sereine possible.

Le héros est le narrateur. Le narrateur est mort. Un vieux chirurgien. Posé sur une table d'autopsie, sous un drap, attendant l'arrivée des étudiants en médecine, pour servir d'exercice de dissection. Il a lui même été celui qui apprend un scalpel à la main, cette situation le renvoie des décennies en arrière quand il était étudiant. De bons souvenirs a priori.

C'est une nouvelle, donc, je ne vous la raconte pas. Comme d'habitude. L'objectif de ce billet est plutôt de vous faire découvrir ce médecin. Allez faire un tour sur sa page facebook. Ca vaut le détour.

28 novembre 2016

Mort de Bunny Munro

 

 

MORT DE BUNNY MUNRO

 

Nick CAVE

 

 

 

 

 

 

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On sait que Bunny Munro va claquer. Sa femme l'a précédé au tombeau : suicide. Que faire du temps qu'il reste? Sillonner la côte sud de l'Angleterre, vendre des produits de beauté à de jeunes mamans célibataires. Bunny prend la route et n'oublie pas d'embarquer avec lui ses drogues, ses pulsions, ses fantômes et son fils de 9 ans, Bunny Jr, un petit génie qui ne lève pas le nez de son encyclopédie.

 

 

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Ca fait un bout de temps qu'il est dans ma PAL celui-là. Je voulais lire du Nick Cave. J'étais curieuse. Pour moi, Cave, c'est un chanteur. Nick Cave and the Bad Seeds. Si vous êtes curieux, allez faire un tour sur youtube et écoutez un peu, c'est à part on va dire. Je m'attendais donc à ce que l'écriture soit également à part.

 

Je ne sais pas si j'ai été déçue ou pas. Le style, ça va, ça ne m'a pas rebuté. Je m'attendais à du vulgaire, eh bien non, c'était plutôt pas mal. Je ne sais pas si c'est bien le style Nick Cave ou si c'est le traducteur qui y a mis un peu de sa sauce, mais perso ça a été, agréablement surprise on va dire.

La vulgarité, elle était dans le personnage principal, dans ce fameux Bunny Munro. La putain de tête à claques! Le looser dans toute sa splendeur. Vous vous rappelez la série Caméra Café? Vous vous rappelez Jean-Claude Convenant? Le même! Vulgaire, inculte, obsédé sexuel. Jean-Claude trompait sa femme. Bunny n'a plus ce problème, sa femme, Libby, lui a facilité la tâche. Lassée des infidélités de son mari, de son abandon, de sa vie de merde, Libby s'est suicidée. Bunny a quand même un problème. Régulièrement, il a l'impression de voir le fantôme de sa femme... Il a un autre problème. Haut comme trois pommes, il s'appelle Bunny Junior, son fils, leur fils, qu'il trimballe partout avec lui. Sous prétexte de lui apprendre le métier (oui, bon, il a neuf ans le môme, mais faut commencer tôt leur formation aux enfants).

Tout le long du bouquin, on oscille entre deux sentiments vis à vis de ce Bunny Munro. Etre à la limite de s'attendrir devant ce père paumé et déconnecté de ce qui est finalement la vraie vie. Et être à la limite de choper le bouquin et de le fracasser contre le mur, tellement ce personnage de Bunny Munro est infect. Commercial dans les cosmétiques, il utilise son métier pour multiplier les conquêtes en devenant l'amant occasionnel de ses clientes jeunes, et en profite pour utiliser son charme ravageur de play boy de bas étage pour forcer à la vente ses vieilles clientes. En gros, il "baise" ses clientes. Au propre les jeunes, au figuré les vieilles. Il trimballe Junior avec lui, et s'en occupe sans s'en occuper, en le laissant toute la journée à lire son encyclopédie dans la voiture et en lui donnant de la malbouffe en guise de repas.

On essaie de l'aimer ce Bunny, mais il n'y a rien à faire. La femme et la mère que je suis se révoltent à chaque page. Plus Bunny est pathétique, plus j'ai eu envie de le fracasser. J'ai rarement haï un personnage comme j'ai haï ce Bunny. Et c'est ça qui m'a fait lire le bouquin jusqu'au bout. J'avais beau être révoltée, dégoûtée, être emplie de sentiments hyper négatifs à chaque chapître, je continuais ma lecture. Parce que je voulais savoir comment Nick Cave allait lui faire finir sa vie au Bunny. Suicide? (mais Bunny est-il capable d'avoir des remords?) Meurtre? (mais y a t-il un mari assez jaloux pour trucider l'amant occasionnel d'une femme au foyer ultra cheap?) Cirrhose? (car cet enfoiré picole!) ou accident? (s'il te plait, Nick, non non, pas un accident genre renversé par une voiture, s'il te plait, pas ça!). Fallait qu'il crève ce co****!!!

Je ne suis pas sûre de vouloir recommander cette lecture, tellement elle m'a mise hors de moi. Ce bouquin fait réagir en tout cas, et c'est franchement bien. On a tellement de trucs à la con genre Levy sur le marché, que quelque chose qui sort du lot, ma foi ça fait du bien.

 

 

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24 novembre 2016

Harry Potter and the Chamber of Secrets / Harry Potter et la chambre des secrets

 

 

 

HARRY POTTER AND THE CHAMBER OF SECRETS

HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS

 

JK ROWLING

 

 

hp chamber

 

 

 

 

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Harry Potter is a wizard. He is in his second year at Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry. Little does he know that this year will be just as eventful as the last...

 

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Toujours dans une optique de lire autre chose que des indés, me voici partie sur Harry Potter. JK Rowling étant de nouveau à la mode depuis quelques temps avec la sortie du film "Les Animaux Fantastiques", j'ai eu envie de retourner voir ce qui se passait à Hogwards. Ca tombe bien, j'ai toute la collection en VO. Mon projet à moyen terme est d'acheter la collection en VF pour mes enfants, en bons vieux livres papier (encore que vu le nombre de fois où ma gamine de 16 mois me pique mon kindle, j'en arrive à me demander si je ne vais pas passer pour une vieille has-been à vouloir leur acheter du papier ^^), mais pour le moment, je n'achète pas. Donc, ben on est parti en anglais! Il a fallu s'y remettre à l'english. Je suis un peu rouillée, au départ j'ai un peu hésité/buté sur quelques mots (que pourtant je connais par coeur!), puis c'était reparti comme en 40! quel plaisir de lire en anglais.... même si il faut reconnaître que les premiers Potter ne sont pas hyper compliqués niveau vocabulaire.

 

Harry Potter nous arrive donc en 2eme année d'études de la Magie. Du moins, il essaie. Parce qu'entre son oncle Vernon qui l'enferme dans sa chambre avec des barreaux à la fenêtre, Dobby, l'elfe de maison qui essaie par tous les moyens de lui nuire, et le jour de la rentrée, le passage secret qui conduit au train d'Hogwards qui se referme au nez de Harry et de Ron, c'est pas gagné. Faut en avoir envie d'aller à l'école hein!

Et une fois -enfin!- arrivé à l'école, un nouveau mystère apparait. Qui est ce mystérieux "héritier" dont tout le monde parle? Qui attaque les élèves en les pétrifiant? Pourquoi tout le monde a-t-il peur en découvrant que Harry peut parler aux serpents? Pourquoi les araignées s'enfuient-elles à toutes pattes de Hogwards?? Et surtout, surtout, comment survivre aux cours du nouveau professeur de cours contre les arts noirs (je ne connais pas le terme utilisé en VF, en VO c'est Defence Against the Dark Arts teacher), le célébrissime Lockaert, qui se révèle hautement incompétent et limite dangereux dès qu'il essaie de toucher à quelque chose. (dans la version cinéma, le prof est joué par Kenneth Brannagh et franchement c'est bien vu, c'est l'homme par excellence pour ce rôle!) Une année qui promet bien des rebondissements!!

Bon, je ne vous raconte pas l'histoire, faut vivre au fond d'une grotte pour ne pas connaitre. L'histoire possède assez d'aventure pour garder son lecteur grand ou petit en haleine, le style est simple, le vocabulaire également, mais néanmoins, pas enfantin. Du coup, l'adulte suit l'histoire avec plaisir, et l'enfant n'a pas l'impression d'être pris pour un bébé. Franchement, j'ai hâte que mes mômes soient assez grands pour découvrir Harry Potter!

 

 

22 novembre 2016

Le portrait de Dorian Gray

 

 

 

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY

 

Oscar WILDE

 

 

dorian

 

 

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L'atelier était plein de l'odeur puissante des roses, et quand une légère brise d'été souffla parmi les arbres du jardin, il vint, par la porte ouverte, la senteur lourde des lilas et le parfum plus subtil des églantiers.


D'un coin du divan fait de sacs persans sur lequel il était étendu, fumant, selon sa coutume, d'innombrables cigarettes, lord Henry Wotton pouvait tout juste apercevoir le rayonnement des douces fleurs couleur de miel d'un aubour dont les tremblantes branches semblaient à peine pouvoir supporter le poids d'une aussi flamboyante splendeur; et, de temps à autre, les ombres fantastiques des oiseaux fuyants passaient sur les longs rideaux de tussor tendus devant la large fenêtre, produisant une sorte d'effet japonais momentané, le faisant penser à ces peintres de Tokyo à la figure de jade pallide, qui, par le moyen d'un art nécessairement immobile, tentent d'exprimer le sens de la vitesse et du mouvement. Le murmure monotone des abeilles cherchant leur chemin dans les longues herbes non fauchées ou voltigeant autour des poudreuses baies dorées d'un chèvrefeuille isolé faisait plus oppressant encore ce grand calme. Le sourd grondement de Londres semblait comme la note bourdonnante d'un orgue éloigné.

 

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J'ai lu Jules Verne après une visite au cimetière de la Madeleine à Amiens le 1er Novembre.

 

Aux alentours du 1er Novembre, il y a eu pléthore de reportages sur les cimetières parisiens, surtout le Père Lachaise. Où se trouve la tombe de Oscar Wilde. Et là, comme pour Verne, je me suis dit "pourquoi pas?"

 

Le plus connu des ouvrages de Wilde reste le Portrait de Dorian Gray. Je l'ai lu quand j'étais ado, et je me rappelle avoir bien aimé. Moi qui ai une mémoire courte, je me souvenais même des grandes lignes du bouquin, c'est vous dire si ça m'avait plu! Comme je ne connaissais pas Verne, j'ai lu Verne. Mais Wilde m'était resté en tête. Alors à peine les grandes aventures de Philéas terminées, hop hop hop, direction mes cartons de bouquins à la recherche de Dorian!!!

 

Que je n'ai pas trouvé. Soit que je l'ai donné à Emmaüs, soit que je ne l'ai jamais possédé et l'avais emprunté. Oh my god quel déchirement, ça veut dire que j'allais devoir le télécharger sur mon kindle????? Hi hi hi hi.....

 

Quelques clics plus tard, nous voici parti à lire du Wilde. Comme pour Philéas Fogg, le point de départ de l'histoire est Londres. Là s'arrête la similitude.

 

Niveau style, rien à voir. Niveau personnages, rien à voir. Niveau ambiance, rien à voir. Franchement, c'est supérieur! On a plaisir à lire ce bouquin. Même le héros, Dorian, qui est un fieffé petit con (restons polie) est attachant.

Le pitch vite fait, pour le cas où vous ne connaitriez pas (après tout, en en causant avec mon chéri, j'ai découvert que l'histoire lui était totalement inconnue. Bon, lui, faut dire que sa spécialité c'est le cinéma, pas franchement la lecture). Dorian est un tout jeune homme qui sert de modèle à un peintre, Basil Hallward. Il est sa muse. Basil adore le dessiner. Jusqu'au jour où il saute le pas et décide carrément de le peindre. Notre histoire commence donc dans l'atelier de Basil Hallward. Il papote avec son ami Henry, et de fil en aiguille, il en vient à parler de Dorian Gray, son modèle actuel. Il explique la fascination qu'il a pour le jeune homme. Henry est un homme bien moins romantique que Basil, nettement plus terre à terre. Et surtout un homme qui s'ennuie. Toute nouveauté est bienvenue, chaque nouveau sujet d'étude est bienvenu, car Henry adore sonder et cataloguer les personnes. Il demande à être présenté à Dorian. Basil refuse. Mais patatra, voilà que Dorian arrive. La rencontre entre Henry et Dorian a lieu. Et la fascination commence. D'un côté comme de l'autre. Dorian est jeune et son caractère est en cours de formation, il est avide de rencontres. Henry flaire l'éponge que peut devenir Dorian. Lequel des deux va finir par fasciner le plus l'autre?

Basil est témoin de cette nouvelle amitié. Il est jaloux, mais en prend son parti. Trop bon gars le Basil. Il termine son portrait. Il y a mis toute son âme, tout son art, toute sa passion. Le portrait est d'une fidélité absolument incroyable. Dorian, qui n'a pas mis longtemps à se retrouver sous l'influence de Henry (quelques minutes ont suffi) comprend de suite la vacuité de son existence. Il va changer, vieillir, se ratatiner, pendant que le portrait resterait à jamais d'une beauté et d'une fraicheur éblouissante. Ah, si seulement lui Dorian pouvait rester jeune à jamais, si seulement le portrait pouvait lui subir les outrages du temps et de la vie! Quel bonheur ce serait!

Il faut se méfier des voeux que l'on fait dans un moment passionné. Parfois, un ange ou un diable vous écoute et vous exauce.

 

 

Posté par carolyne potter à 17:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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