ZERO DECHET

 

Béa JOHNSON

 

 

 

zero dechet bea

 

 

 

 

Béa Johnson est une française installée aux Etats-Unis avec son mari Scott et leurs deux jeunes garçons. Elle s'est lancée dans une étonnante aventure : simplifier sa vie en réduisant ses déchets. Aujourd'hui, la famille Johnson n'en produit plus qu'un litre par an ! Dans ce livre, Béa nous dévoile des centaines d'astuces et de conseils pratiques pour adopter un mode de vie durable...

 

 

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Au début de l'année 2018, je vous avais parlé de mon compost en vous racontant un peu ce que j'avais pensé du guide sur le compostage que je venais de lire. Je joue tellement le jeu du compostage, du tri des déchets, que je me suis dit, que petit pas par petit pas, je pouvais à mon niveau agir pour l'environnement. Sur Pinterest en particulier, je zone beaucoup sur tout ce qui est recyclage. J'ai pu découvrir le Upcycling ou l'art de transformer un objet en un autre objet. Les bouteilles d'eau en déco de Noël, les boites de conserve en cache pots, les rouleaux de papier toilette en petits pots à semis pour jardiner malin. Génial, bien bien, youpi. Le Upcycling, ça ne m'a pas plus emballé que cela. Ma démarche ce n'est pas de transformer un objet en un autre, ma démarche, c'est de me débarasser des objets. Je ne vais pas collectionner les bouchons de bouteilles toute l'année, pour la joie d'exhiber le temps d'un mois une ravissante guirlande home made sur mon sapin... C'est bien mignon, mais ma maison n'est pas extensible pour garder toutes les cochonneries qui y rentrent. Je me suis donc dit, que le meilleur moyen de se débarasser proprement de mes déchets, c'était encore de ne pas les faire entrer dans la maison... Et là, oups, révélation, je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée. Même que ça s'appelle le "Zéro Déchet". Dingue! LOL

 

En trainant sur les blogs ZD (zéro déchet), je me suis vite rendu compte que nous avions Béa Johnson, papesse du zéro déchet, et Jérémie Pichon, frenchy des Landes, porte parole français du mouvement, qui nous avaient tous deux pondus un bouquin. J'étais très très tentée par celui de Jérémie Pichon, d'autant plus que son épouse est illustratrice et qu'elle s'est occupée des illustrations (ben tiens) de leur bouquin, qui ont l'air franchement hyper sympa pour ce que j'en ai vu comme extraits. Oui mais voilà, c'est en couleurs, et mon kindle ne supporte pas la couleur, il est exclusivement en noir et blanc, je me suis dit que c'était un achat kindle qui n'allait pas être terrible. Un petit coup d'oeil à la version papier, le prix m'a fait tiquer, une quinzaine d'euros. En soi, c'est pas la mer à boire, mais je me suis dit que payer peut-être 15€ pour finalement avoir les mêmes infos que j'ai déjà via le net, ça risquait de m'agacer fortement. Un petit coup d'oeil vers la papesse, Béa Johson. Moins de 8€ en format poche, c'était déjà plus raisonnable (et il me semble 13 ou 14€ pour la version kindle, ça fait cher du fichier numérique).

J'ai donc acheté le bouquin de Béa Johnson. En juin 2018. Je l'ai lu de suite. Plusieurs fois. Nous sommes en mars 2019, enfin je vous en parle. Parce que le Zéro Déchet, j'ai tout de suite adhéré. D'autant plus que je me suis rendue compte que j'étais déjà bien avancée dans le sujet. Je compostais. Je faisais attention à mes achats (par exemple acheter mon riz, mes pates, mon sucre, en emballage carton plutôt qu'en emballage plastique). J'achetais mes légumes chez un primeur plutôt qu'en supermarché. Je faisais déjà ma lessive moi même! Je me lavais avec un savon plutôt qu'un gel douche.

Je devais faire plus! Trouver une solution pour ces tubes de dentifrice en plastique. Ces millions de cotons pour me démaquiller le soir, et mes flacons d'eau micellaire, le shampooing, arghhhh, la liste me semblait sans fin!! Je pensais déjà faire beaucoup, je n'étais qu'au commencement.

En lisant ce livre, je me suis rendue compte à quel point tout ce qui me semblait compliqué s'avérait simple. Acheter des sacs à vrac et aller acheter mon épicerie sèche au Day by Day du centre ville d'Amiens. Ou alors aller acheter mon épicerie à Auchan, au rayon vrac que je n'avais jamais calculé jusqu'alors : Auchan ne prend pas les sacs à vrac en tissu, qu'à cela ne tienne, je prends leurs sachets en plastique, ils sont épais, je les ramène à chaque fois, ni vu ni connu.

J'ai remplacé mes cotons et mon eau micellaire par une serviette éponge découpée en morceaux et de l'huile. J'ai testé plusieurs huiles, c'est la coco qui me va le mieux. Du coup, ben devinez quoi, j'ai remplacé ma crème de jour par également mon huile de coco. Un seul produit pour deux utilisations. Voire trois, si on considère que je m'en sers aussi régulièrement comme crème hydratante corporelle. Day by Day et Biocoop me fournissent mon shampooing solide (comme un savon, mais c'est du shampooing). J'achète des cotons tiges en papier compressé : au compostage après utilisation.

J'ai redécouvert les produits locaux.

Je réfléchis beaucoup plus avant tout nouvel achat (ai-je bien besoin d'une nouvelle paire de boots? sachant que j'en ai déjà trois paires, dont deux que je ne mets jamais sous prétexte qu'elles me font mal aux pieds!)

J'avais déjà lu énormément de choses sur le net. Mais c'était des articles de presse écrit à la troisième personne. Finalement, même si c'était intéressant à lire, c'était très abstrait. Là, écrit à la première personne, j'avais l'impression que Béa Johnson me parlait à moi, à Carolyne, me disait "hey ma grande, tu te rappelles ta citation de Pennac préférée? Si tu veux rêver, réveille-toi! ben bouge ton cul ma feignasse!". Un vrai coup de fouet!!

On l'entend depuis des années que la Terre se meurt et qu'il faut faire quelque chose. On l'entend. Mais le comprendre soudain, on se prend plus qu'un coup de fouet, on se prend une grosse claque dans la gueule.

En 2018, j'ai arrêté d'acheter certains produits, je me suis mise à cuisiner beaucoup plus, j'ai commencé à fabriquer mes propres produits ménagers (grâce au bouquin de Jérémie Pichon que j'ai fini par acheter également, ce sera l'objet d'un futur billet). En bref, je me suis passé de beaucoup de choses, on pourrait penser que du coup, je galère, et c'est tout le contraire. J'ai gagné en confort, en qualité de vie. Mes enfants sont moins malades, moi qui avait maux de tête sur maux de tête je ne touche plus au paracétamol depuis des mois.

Lire Zéro Déchet de Béa Johnson a changé ma vie. En mieux.