MORT DE BUNNY MUNRO

 

Nick CAVE

 

 

 

 

 

 

***********************

 

On sait que Bunny Munro va claquer. Sa femme l'a précédé au tombeau : suicide. Que faire du temps qu'il reste? Sillonner la côte sud de l'Angleterre, vendre des produits de beauté à de jeunes mamans célibataires. Bunny prend la route et n'oublie pas d'embarquer avec lui ses drogues, ses pulsions, ses fantômes et son fils de 9 ans, Bunny Jr, un petit génie qui ne lève pas le nez de son encyclopédie.

 

 

***************************

 

Ca fait un bout de temps qu'il est dans ma PAL celui-là. Je voulais lire du Nick Cave. J'étais curieuse. Pour moi, Cave, c'est un chanteur. Nick Cave and the Bad Seeds. Si vous êtes curieux, allez faire un tour sur youtube et écoutez un peu, c'est à part on va dire. Je m'attendais donc à ce que l'écriture soit également à part.

 

Je ne sais pas si j'ai été déçue ou pas. Le style, ça va, ça ne m'a pas rebuté. Je m'attendais à du vulgaire, eh bien non, c'était plutôt pas mal. Je ne sais pas si c'est bien le style Nick Cave ou si c'est le traducteur qui y a mis un peu de sa sauce, mais perso ça a été, agréablement surprise on va dire.

La vulgarité, elle était dans le personnage principal, dans ce fameux Bunny Munro. La putain de tête à claques! Le looser dans toute sa splendeur. Vous vous rappelez la série Caméra Café? Vous vous rappelez Jean-Claude Convenant? Le même! Vulgaire, inculte, obsédé sexuel. Jean-Claude trompait sa femme. Bunny n'a plus ce problème, sa femme, Libby, lui a facilité la tâche. Lassée des infidélités de son mari, de son abandon, de sa vie de merde, Libby s'est suicidée. Bunny a quand même un problème. Régulièrement, il a l'impression de voir le fantôme de sa femme... Il a un autre problème. Haut comme trois pommes, il s'appelle Bunny Junior, son fils, leur fils, qu'il trimballe partout avec lui. Sous prétexte de lui apprendre le métier (oui, bon, il a neuf ans le môme, mais faut commencer tôt leur formation aux enfants).

Tout le long du bouquin, on oscille entre deux sentiments vis à vis de ce Bunny Munro. Etre à la limite de s'attendrir devant ce père paumé et déconnecté de ce qui est finalement la vraie vie. Et être à la limite de choper le bouquin et de le fracasser contre le mur, tellement ce personnage de Bunny Munro est infect. Commercial dans les cosmétiques, il utilise son métier pour multiplier les conquêtes en devenant l'amant occasionnel de ses clientes jeunes, et en profite pour utiliser son charme ravageur de play boy de bas étage pour forcer à la vente ses vieilles clientes. En gros, il "baise" ses clientes. Au propre les jeunes, au figuré les vieilles. Il trimballe Junior avec lui, et s'en occupe sans s'en occuper, en le laissant toute la journée à lire son encyclopédie dans la voiture et en lui donnant de la malbouffe en guise de repas.

On essaie de l'aimer ce Bunny, mais il n'y a rien à faire. La femme et la mère que je suis se révoltent à chaque page. Plus Bunny est pathétique, plus j'ai eu envie de le fracasser. J'ai rarement haï un personnage comme j'ai haï ce Bunny. Et c'est ça qui m'a fait lire le bouquin jusqu'au bout. J'avais beau être révoltée, dégoûtée, être emplie de sentiments hyper négatifs à chaque chapître, je continuais ma lecture. Parce que je voulais savoir comment Nick Cave allait lui faire finir sa vie au Bunny. Suicide? (mais Bunny est-il capable d'avoir des remords?) Meurtre? (mais y a t-il un mari assez jaloux pour trucider l'amant occasionnel d'une femme au foyer ultra cheap?) Cirrhose? (car cet enfoiré picole!) ou accident? (s'il te plait, Nick, non non, pas un accident genre renversé par une voiture, s'il te plait, pas ça!). Fallait qu'il crève ce co****!!!

Je ne suis pas sûre de vouloir recommander cette lecture, tellement elle m'a mise hors de moi. Ce bouquin fait réagir en tout cas, et c'est franchement bien. On a tellement de trucs à la con genre Levy sur le marché, que quelque chose qui sort du lot, ma foi ça fait du bien.